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11 mai, 2007

Le Mouvement des démocrates est né: le Parti socialiste se nécrose pour de bon

Hier, à la Mutualité, François Bayrou et ses fidèles de l'UDF ont voté à l'unanimité ou presque la création du Mouvement des démocrates (Modem). Le pari est audacieux, mais Bayrou a le mérite d'aller au bout de sa démarche, au risque de perdre son groupe parlementaire et les 22 députés qui ont choisi de rallier l'UMP pour conserver leur siège à l'Assemblée nationale aux prochaines élections législatives. Bien plus qu'un handicap, cela constitue une force pour le nouveau Modem qui va pouvoir faire monter en première ligne de nouvelles figures politiques de nouvelles idées et une certaine liberté. François Bayrou perd peut-être ses députés mais gagne des adhérents qui se rallient à sa ligne politique et à la droiture à laquelle il se conforme. Les actuelles manifestations et autres AG montrent bien le clivage de la gauche entre antilibéraux et soicio-démocrates. Le centre avance et n'a pas besoin de tourner en rond autour de sa modernisation. Celle-ci est en route, sa trajectoire est claire et peut créer une dynamique intéressante pour la gauche qui va devoir enfin choisir entre la démocratie sociale et l'antilébéralisme. L'enlisement du parti socialiste dans ses vieux débats et ses nécroses politiques en fait regarder plus d'un vers le Modem. Toute une partie de la gauche a vocation à travailler avec le centre pourvu qu'elle aie le courage de dire ce qu'elle est. J'ai déja écris ici mon enthousiasme à l'égard des propos de Rocard, Kouchner ou Strauss-Kahn tenu dans ce sens. Il faut aller maintenant au bout des choses, même si cela doit coûter la vie au Parti socialiste. La gauche n'a aujourd'hui plus de vision du monde. La campagne fut une campagne contre et non pour un projet. Nous avons été des pionniers à quitter le PS au premier tour pour soutenir François Bayrou, la brèche est ouverte, vous n'avez qu'à l'emprunter.

29 avril, 2007

La chair est faible à l'UDF

J'apprends ce matin qu'Hervé Morin, président du groupe UDF à l'Assemblée Nationale et fidèle de François Bayrou, votera le 6 mai prochain pour Nicolas Sarkozy, en raison de l'interêt supérieur du pays et de l'incompétence de Ségolène Royal. A l'UDF, la chair est faible et l'entreprise de séduction menée dès les résultats du premier tour par Gilles de Robien semble payante au sein de ses rangs, soucieux que les députés UDF sont etes retrouver leurs sièges à l'Assemblée Nationale le mois prochain. Le sentiment d'incompétence que peut susciter Ségolène Royal, légitime au regard de sa campagne et de ses expériences ministérielles, pèse lourd sur les épaules de la candidate socialiste. Ce sentiment a déja fait voter beaucoup d'hommes de gauche pour le projet de François Bayrou dans lequel nous nous reconnaissions bien mieux, et aujourd'hui, il rend fébriles certains députés UDF à faire le grand pas, celui que pourtant nous attendions. Les militants socialistes, certains de ses illustres et antiques dirigeants travaillant contre le rapprochement entre le PS et l'UDF sont responsables de cela.

Bien entendu la décision d'Hervé Morin ne me convient pas, je la trouve navrante, même si j'entends tout à fait son procès en incompétence. Mais après la campagne menée par François Bayrou, après la ligne de conduite qu'il a pris depuis trois ans, peut-on sérieusement voter aujourd'hui pour Nicolas Sarkozy sans faire naître chez ceux qui ont fait confience au projet de l'UDF un sentiment de déception, si ce n'est d'afflixion? Nous avons eu le courage d'exercer notre esprit critique, de voter pour un projet et de nous séparer de notre famille politique d'origine, vous vous devez à présent de nous respecter, car c'est nous qui avons "fait surgir d'un coup la troisème force politique française, la seule force nouvelle de notre pays". Nous ne voulons pas de Nicolas Sarkozy, de sa France de demain et de sa vision du monde. Si vous faite un procès d'incompétence à Ségolène Royal je le fais aussi, mais quel procès je ne fais pas encore à Nicolas Sarkozy...

Rappelez vous les mots de Bayrou: "Nicolas Sarkozy va aggraver les problèmes de la démocratie et la fracture du tissu social" et "par sa proximité avec les milieux d’affaires et les puissances médiatiques, par son goût de l’intimidation et de la menace, va concentrer les pouvoirs comme jamais ils ne l’ont été. Par son tempérament, et les thèmes qu’il a choisis d’attiser, il risque d’aggraver les déchirures du tissu social, notamment en conduisant une politique d’avantage au plus riche." Est-ce cela que veulent les démocrates-sociaux? Jaques Delors vous demande aujourd'hui de considérer la candidature de Ségolène Royal après que Michel Rocard et Bernard Kouchner l'aient fait. Ces hommes n'ont ils pas fait preuve de leur éthique, n'est-ce pas en ces hommes là que vous devez faire confiance? François Bayrou ne donnera pas de consigne de vote, peut être dire t'il pour qui lui même votera. J'espère qu'il ira au bout de sa démarche sans quoi tout cela n'aura servi à rien, car voter pour Nicolas Sarkozy aujourd'hui, c'est revenir cinq ans en arrière, et c'est dire que renier tout ce qui s'est passé dans cette campagne.

28 avril, 2007

Le débat Royal - Bayrou: un moment de modernisation de la vie politique


"Un moment de modernisation de la vie politique" c'est ainsi que Ségolène a qualifié "ce dialogue en toute liberté et en toute intelligence" - plus que son débat - avec François Bayrou, à son issue. Le débat a donc eu lieu malgré les pressions exercées par l'UMP et malgré l'avis des dinos conservateurs du P.S., qui ont tenté de s'y opposer. Bref il a eu lieu et c'est une bonne chose. Aurait-on voulu empecher deux personnes de discuter? Nous sommes tous encore libres de le faire et Ségolène Royal et François Bayrou comme tout autre individu. Une ségolène Royal détendue et un François Bayrou relaxé et plein d'humour, ça change, et les résultats sont là. Tout c'est bien passé et l'ensemble m'a semblé constructif. Une discussion politique est donc possible sans basses attaques et sans hypochrisie. Une référence pour celui qui viendra le 2 mai entre Royal et Sarkozy. En celà peut-être, ce débat est effectivement et déja un pas vers la modernité. Il ouvre du moins la porte des possibles, celle d'une véritable sociale-démocratie française.

Ce débat je l'attendais, et il ne m'a pas déçu. Les deux sont donc en grande partie sur la même longueur d'onde, ils ont une même vision du monde. Une nouvelle république, une dose de proportionnelle, des valeurs humanistes et une même considération de l'homme, d'est déjà ça. Puisque Ségolène nous en laisse juge, oui je pense qu'il y a plus de points de convergence que de divergence entre les deux candidats. La question est donc de savoir si les choses iront à leur terme. Emmanuelli relance ses humeurs séparatistes en proposant un grand parti de la gauche anti-lébérale. Cette gauche conservatrice est un poids mort pour les éléments modernes du P.S. S'il ne tombe pas de lui-même, il faudra s'en débarasser. Tout cela devra se faire après l'élection, et après l'élection seulement, tout comme François Bayrou devra se séparer des conservateurs à sa droite. Mais il semble que ceux-là partent tous seuls. Bon débaras.

François Bayrou ne donnera pas de consigne de vote, il s'y refuse et admet la liberté de ses électeurs. Sans doute dira-t-il, pour qui il votera - du moins l'a-t-il laissé entendre - ce qui est tout autre chose. Cependant, nous n'étions pas là devant une présidente et son Premier Ministre. François Bayrou ne semble pas parti pour accepter un ministère, ni même pour en réclamer un pour lui. Il se consacrera entièrement à la construction du Parti Démocrate qu'il va succéder à l'UDF. Reste cependant derrière tout cela la question des législatives prochaines. Les socialistes rendront-ils à Bayrou son soutien là ou les candidats du Parti Démocrates arriveront dans des triangulaires devant les candidats P.S.. Il est évident que c'est sur ce point que se diviseront les modernes et les conservateurs du P.S. Une bonne purge politique ne peut pas faire de mal.

Ségolène Royal - François Bayrou: le debat








Mon commentaire bientot

19 avril, 2007

Les hommes de progrès: d'une campagne à l'autre


Cette année a été donné à l'agrégation d'histoire, un sujet sur "les hommes de progrès dans les campagnes européennes de 1830 à1914". Cette notion de progrès est terriblement ambiguë, il est économique dans la modernisation des campagne, social, dans l'intégration des campanges aux nations en formation et politique, dans l'établissement du suffrage universel... Or les hommes de progrès sont parfois aussi les hommes de l'archaïsme, le progrès n'est plus alors cette idée condorcetienne d'une amélioration de l'esprit humain, ni cette idée hegelienne de la fin de l'histoire reconcilliant l'idéal et le réel, mais un simple levier de pouvoir, de domination sur les hommes adapté à un temps nouveau, tel que le comprennent bien le Don Calogero et le Tancredo du Gattopardo de Visconti


Nous nous interrogeons peu dans notre campagne, électorale celle-là, sur ce progrès. La sentiment de la fin de l'histoire domine depuis la fin des débats idéologiques, et depuis 2001, le monde est plutot sur la défensive, le progrès est devenu une idée vieille, remplacé par la préservation de l'acquis. Le progrès condorcetien de l'esprit humain a-t)il d'ailleurs un avenir, si ce n'est un présent? Nous l'avons cru. Il faut le croire encore.


C'est pour cela que je vote pour François Bayrou. Parcequ'il met l'éducation au centre de son ambition, et parceque les gouvernement ont une véritable marge de manoeuvre sur ce domaine, et qu'il ne sert à rien de placer la responsabilité d'un echec entre les mains de l'Europe. Je vote aussi Bayrou par ce qu'il à un programme volontaire pour la recherche, vecteur s'il en est de tout progrès quelque soit la science en question. Parce qu'il propose un budget pour, ainsi que des marches de liberté, et une volonter d'assouplir ses modalités. Je vote aussi pour Bayrou parce que l'Europe est fondamentalement un progrès politique, et que je préfère la pire des Europes à la meilleure des France, et que François Bayrou est celui qui me propose aujourd'hui le meilleur projet d'avenir pour l'Europe.

11 avril, 2007

Partis ou candidats: pour qui vote-t-on?

Cyrielle, Nini ou ma grand-mère (he, oui...) me disent de voter malgré tout pour Ségolène Royal, quelque soit sa crédibilité personnelle, parce qu'elle ne sera pas seule, elle aura un parti autour d'elle qui l'empechera de faire n'importe quoi. Certes, elle ne gouvernera pas seule. Mais cet argument me rappelle celui qu'employait plusieurs partisans du non à la constitution européenne: "t'inquiète, on ne va rien rien bloquer du tout, y'a un plan B". J'ai voté oui quoiqu'il arrive, mais alors que le non l'a emporté, j'attends toujours le plan B... Aujourd'hui aussi quoiqu'il arrive je ne voterai pas pour Ségolène Royal, ce n'est pas neuf, depuis qu'elle fut secrétaire d'Etat à la famille je suis en désaccord avec elle, je ne partage rien de sa façon de penser - qui est pour moi plus important que des déclarations d'intentions - je désapprouve son conservatisme moral - oui faites bien gaffe - et franchement je ne vois pas ou est le parti derrière elle en ce moment, elle ne s'appuie meme pas sur le programme voté par les socialiste en congrès... Enfin bref, si je votais pour Ségolène Royal, je ne voterai pas pour un le P.S.


On me dit encore que François Bayrou, qui à mon suffrage, est un escroc... Si, si, c'est Simone Veil qui le dit... Qu'il est démaguogue et crée la zizanie, que de toute façon il ne pourrapas gouverner par ce qu'il n'a pas d'autre parti que l'UDF derrière lui et qu'aux législative, l'UDF ne pourra jamais remporter l'Assemblée nationale, le scrutin majoritaire faisant... Il faudrait que je vote pour un parti pour que la France soit gouvernable. Or est-ce le sens d'un e présidentielle de voter pour un parti plus que pour un homme? Je choisi François Bayrou non pas pour l'UDF mais pour l'intégrité dont je le crédite et pour ce que je crois être une honnêteté intellectuelle qui me semble aussi paradoxalement indispensable que rare en politique. Si je refuse de voter pour Ségolène Royal je ne jète pas la pierre au P.S., un autre candidat aurait de toute évidence rendu mon choix plus complexe. Les présidentielles sont une chose, les législatives une autre... Et dans la Veme république, celui qui préside n'est pas celui qui gouverne.


Je ne suis pas fidèle çà un parti, je suis fidèle à une ethique, si j'ai le sentiment de partager celle-ci avec quelqu'un, cette personne aura ma voix. Les partis ne conditionnent pas mon vote, et je crois qu'il les conditionnent de moins en moins. Je ne suis pas certain que la majorité de ceux qui vont voter pour Bayrou soient des sympathisants de l'UDF, ce sont surout des individus qui se sont reconnu dans un démarche et un horizon d'attente, et qui ont le sentiment de partager cela avec un candidat. Et que Simone Veil se rassure, nous ne sommes pas si idiots qu'elle, et ce n'est pas parceque François Bayrou dit une chose que nous le croyons les yeux fermés. Nous gardons l'esprit critique, d'autant plus que c'est l'exercice de cet esprit critique qui conduit bon nombre d'entre nous à voter Bayrou.

21 février, 2007

L'extreme centre: une idée révolutionnaire?

Voici plusieurs blogs et journaux que je consulte et qui évoque cette expression intéressant de "l'extrême centre" pour qualifier la politique de François Bayrou. Beaucoup relève sans doute l'oxymore qui a priori ressort aujourd'hui de la formule, le centre étant perçu comme mou voire inerte. Cependant, l'idée d'extrême centre n'est pas neuve, elle a été employé par l'historiographie de la Révolution Française pour qualifier le groupe des parlementaire qui ont tenu la République de la Convention au Consulat.

Cette extrême centre rassemble les hommes de compétences de la révolution qui manoeuvre la révolution tant bien que mal entre les ambitions particulières des contre-révolutionnaires et celle des ultra-révolutionnaires. Ce sont eux qui obtiennent la République après Varenne, eux qui entoure Condorcet lors du premier projet constitutionnel girondin, eux encore qui font tomber Robespierre alors que celui outrepasse les prérogatives dont il est investit. C'est encore l'extrême centre qui permet au Directoire d'entamer la sortie de la révolution, et l'on sait grâce à Jean-Pierre Jessenne, Bernard Gainot et Pierre Serna, à quel point ce régime fut important, malgré ce que l'on a longtemps cru... certes ce Directoire c'est la "république des girouettes" dont ironise Pierre Serna, mais ces girouettes qui se tournent vers la gauche et vers la droite ont su ainsi garder la Révolution dans ses principes malgré les troubles qu'elle a traversé.

Alors quel sens à l'extrême centre aujourd'hui? Je crois qu'il ne faut pas s'en moquer, que l'idée est intéressante et qu'une certaine manière, elle va bien à la famille politique dont est issu Bayrou comme tout ceux qui on un reste de radicalisme dans leur culture politique. Il ne faut donc pas crainde l'extrême centre comme une vague supercherie, ou une simple ironie disqualifiante, mais l'espérer, espérer ces hommes qui naviguent entre la séduction des Gorgias d'un côté et le vide de la démocratie d'opinion de l'autre pour garder les valeurs fondamentales de la République.