Sibenik
Split
Dubrovnik
Fleur aux dents, libertinage de l'esprit et les deux pieds dans le plat
On apprend de Serbie, que dimanche soir, le parti radical (SRS) ultranotionaliste a remporté les élections législatives obtenant 28,5% des voix et 80 sièges parlementaires sur 250. La question du statut du Kosovo qui doit être fixé dans les prochains jours a joué un rôle central dans la campagne, les kosovars réclamant leur indépendance ce que refuse Belgrade et dans une plus forte mesure le SRS. En outre, depuis 2006, la Serbie fut contraite de reconnaître l'indépendance du Montenegro, et le sentiment latent d'une décadence serbe joue à plein dans cette poussée ultranationaliste. Il faut en effet rappeller que la Serbie fut au coeur de la construction de la Yougoslavie d'abord dans la seconde moitié du XIXe siècle contre l'Empire ottoman, puis au début du XXe sicèle contre l'Empire austro-hongrois. La Serbie a construit son idée nationale sur un fondement ethnique, celui de la fédération des populations slaves du sud quelque soit leurs confessions ou leur héritages socio-culturels. Ce volontarisme historique trouve rapidement ses limites...
Les accords de Corfou de 1917 négligent les composantes albanaises et musulmanes de la future fédération yougoslave. En effet, la Bosnie a connu à l'époque ottomane de nombreuses conversion de slaves à l'Islam, de même que les albanais ont témoigné eux aussi d'un intérêt pour le monothéisme musulman. Les guerres de Bosnie résultent en partie de ce péché originel et de cette ignorance volontaire par les Serbes - et les Croates - de ces minorités qui aux yeux de Belgrade n'avaient pas le droit de citer. Si le Montenegro a fait valoire son héritage vénitien pour légitimer son indépendance, le cas du Kosovo est encore plus délicat que celui de la Bosnie. Le Kosovo est non seulement majoritairement albanais et musulman mais c'est aussi un lieu de mémoire de la culture serbe, un lieu sacralisé par la défaite de kosovo polje de 1389 ou les serbes se seraient sacrifiés dans la défense de leur terre contre les Ottomans. Le droit du sang versé semble légitimer pour Belgrade ses droits sur le Kosovo au détriment de la liberté des peuples à disposer d'eux-mêmes. 