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13 mars, 2008

Nagoya

En ce moment, sur la Kalrsplatz, le Wien Museum nous propose une petite exposition pleine de charme sur Nagoya, son histoire, ses samurais, l'arrivée des marchands, le changement de vision du monde qui s'en suit... Plein de petites choses remarquables à y voir et pour moi le voyage en 1873 des samourai à Vienne et l'infléchissement des oeuvres de Klimt par l'appropriation de thèmes extrême-orientaux. Toutefois, ce voyage n'inaugure pas l'intérêt des Viennois pour le Japon. Des les années 1740, les porcelaines japonaises pénètrent dans les foyers de la bourgeoisie viennoise, dans ceux de l'aristocratie sans parler de Schonbrünn. La prénétration des biens prépare l'arrivée des hommes, infléchit les cultures, les négocient aussi en les acclimatants. Ils rendent possible la rencontre si ce n'est dans un monde commun, au moins dans un monde connu.

17 décembre, 2006

Venise, l'Orient et moi...


A l'image de la princesse Europe enlevée par Zeus en Syrie puis déposée sur les côtes grecques, Venise trouve son origine et sa légitimité en Orient où furent dérobés les reliques de Saint Marc avant d'êtré déposées au coeur de la lagune dans la Basilique construite à cet effet (cf. photo, fresque, détail). Venise nait donc d'un rapt, d'une transgression, mais cette transgression est aussi un rite de passage et d'initiation. Toutefois, au temps de sa franchise, Venise n'a pas consummé la rupture avec son orient d'origine avec lequel elle continue d'entrenir à l'époque moderne des relations à la fois tendues et complices...
L'expo consacrée en ce moment à l'Institut du monde arabe à Venise est l'Orient remet au gout du jour une réalité des échanges connu depuyis longtemps mais éclairé par un regard necessairement différent. On connait déja les phénomènes de transferts culturelle, de diffusion des idées, des choses et des hommes d'Orient en Europe et d'Europe en Orient par la porte vénitienne, mais il reste encore à creuser certains phénomènes évoquer dans l'expo mais qui mérite un commantaire.
Dans la partie de l'expo consacrée à "Venise et les Mamelouks" nous avons l'exemple de verreriees commandés par Venise à des verriers du Caire, or le commanditaire fournit le modèle du verre à travailler et ses motifs... Le verre réalisé sera donc un verre d'Orient mais confectionné non pas depuis une tradition orientale mais d'apres ce que les Venitiens estimes êtres un motif propre à l'Orient. De leur côté, les verriers cairiotes se plient à la demande des Vénitiens et donnent de l'Orient l'image attendue par les Européens... En effet, les Orientaux ne sont pas ici passifs à l'encontre de leur image, ils joue des préjugés de l'autre, les renforcent et se les approprie pour justement pouvoir discuter avec cet autre selon ces bases communes. Le rôle des Orientaux dans l'élaboration de l'orientalisme européen demande donc encore à être questionné...

01 novembre, 2006

Le Titien, le pouvoir et le moi


La petite histoire veut qu'alors que le Titien était en train de peindre le portrait de Charles Quint, l'artiste ait laissé tomber son pinceau et que son impérial modèle se soit levé pour le lui ramasser, comme on remet un sceptre à un souverain. Charles Quint n'ignorait pas le pouvoir des images et savait déja que poser c'est gouverner. Ayant tenté de faire entrer cette idée dans l'esprit inerte de mes étudiants de première année je décidais d'accompagner Julie au Musée du Luxembourg pour apprécier l'expo consacrée au Titien "le pouvoir en face" et peut être profiter de l'expo pour préparer un nouveau cours...
Bref, la présence de ma chère Julie a rendu la promenade bien plus agréable que la qualité de l'expo elle-même. Il est vrai que le Titien nous paraît peut être difficile à apprécier au-delà d'une qualité esthétique. Ces hommes en noir conformes au vétement idéal que doit porter le bon courtisan décrit par Castiglione nous évoquent une fierté latine bien sobre, si ce n'est dans des traits et des regards qui seuls sont les outils du charisme des individus. Le costume noir serait alors une stratégie d'effacement visant à laisser éclater la seule vraie dignité qui soit, celle qui émane de l'individu, de sa "sprezzatura". En 1546, l'ambassadeur italien Cavalli n'écrivait d'ailleurs t'il pas de François Ier que quand bien même on ne l'aurait jamais vu, on serait immédiatement certain en l'appercevant que c'était le roi. La Renaissance est en effet aussi cela, une nouvelle considération sur la dignité de l'homme, sur la mesure de ses conportements, de ses tenues et finalement de toutes sa vie qui doit s'inscrire dans un ordre cosmique qui le transcende, mais aussi qui sublime celui qui s'y conforme.
Sarko et Sego n'ont pas inventé la communication politique par l'image. Seule petite leçon à en tiere, à la Renaissance l'image n'est un objet de communication que dans le mesure ou elle est le reflet de l'âme. Pour Machiavel, seuls les tyrans offrent une image trompeuse d'eux-même, mais ne me faite pas dire ce que je n'ai pas dit...