28 mars, 2007

Emotion parisienne à la Gare du Nord: défoulement et contestation


La Gare du nord est un lieu de passage, un territoire international ou les gens se croisent, se mélagent et parfois s'affrontent. Depuis le 11 septembre et le développement du plan vigipirate, les militaires patrouillent le fusil-mitrailleur à la main par groupes de deux où trois, ils se montrent et l'Etat se met en scène. Par leur présence, et la façon dont cette présence se concrétise, ils ne peuvent pas dissiper un sentiment d'insécurité, au contraire ils l'assument, l'incarne, le rendent perceptible par tous, comme cette forteresse napolitaines, perchées sur un promontoir, qui menace la ville en contre bas. La vraie sécurité est celle dont on ne voit pas les tenants, dès lors que ces derniers sont perceptibles, ils sont générateurs de tensions, par le fait même qu'ils nous rappellent par leur présence la précarité du monde. Militiaires, CRS ou policiers qui pratouillent ostensiblement sont créateurs de troubles sociaux, effrayant les uns pour rassurer les autres, divisant la société sur l'acceptation ou la réfutétion de cette onstensibilité, violente en elle-même, du fait des armes et de la "force virile" - quand bien même elle est dite légitime - qui est suggérée.


Hier soir, Gare du Nord, un homme qui fraudait un guichet de métro c'est fait interpeler par une patrouille de CRS, parce qu'il aurait bousculé l'agent RATP qui voulait le verbaliser. L'interpélation n'a été contestée par personne, mais sa spectacularité, ou du moins la violence qui s'en est dégagée a mis à nu, aux yeux des passants, la réalité de la précarité sur laquelle leur sécurité repose, la mercie à la quelle ils sont à l'égard des forces de police. Bien entendu, certaines "populations", comme ont dit, plus que d'autres, y ont été sensible, certaines pour y avoir été victimes, d'autres par peur de l'être. Ils ont pris le parti de l'homme interpelé, ont répondu à la violence de la menace policière si pesante sur la Gare du Nord, par une menace physique, directe, de défoulement mais aussi d'une certaine manière de contestation de cette présence, de refus de la tension que représentent ces forces dites de l'ordre.


Les injures des manifestants ont bien sur revêtu un couvert politique, insultant Sarkoczy d'enculé, dénonçant la part diminuante de justice à mesure que celle de la police croît... Bien entendu Julien Dray s'est empressé de dénoncer l'échec du système Sarkozy, d'accuser Barouin d'opportunisme au moment même où il prend ses fonctions... Mais regardons au delà du politique, la réalité des logiques qui soutendent cette "émotion". Il y a un an, j'évoquais la rupture du pacte social au moment des événements de Clichy. Ce pacte n'a jamais été reconclu. La soumission n'entraine pas l'adhésion, et il n'y a pas d'adhésion sans intérêt objectif à adhérer. Quel intérêt avons nous à adhérer à ce modèle social? Quel intérêt avons nous à négocier notre liberté au profit d'un sécuritarisme violent, qui nous agresse d'une tension, qui parfois explose, clive la société et finit en règlement de compte? Nous n'en sommes plus à la dénonciation morale d'une "racaille". C'est tout un modèle de société qu'il faut réformer. Une société qui présente la police comme forme de réussite sociale est inacceptable, car elle induit la mise à mort de l'esprit critique, l'éloge de la médiocrité, et la soumission comme sociabilité.

25 mars, 2007

300: quelques embruns nauséabonds sur les Thermopyles


300 Trailer
envoyé par Film300

300 retrace l'histoire de la bataille des Thermopyles où, en 480 av. J.-C., la cité de Sparte affronta dans un combat à mort l'armée du roi des rois Xerxès. 300, ce sont les trois cent spartiates qui quitèrent leur cité au côté du roi Léonidas et qui se dirigerèrent vers les Thermopyles, défilé naturel entre deux falaises, parfois étroit de 10m., protégeant les flans spartiates et obligeant les Perses à un combat en ligne, finalement réduit à un contre un, malgrè une disproportion d'hommse de 4 à 6 fois plus importante en faveur des Perses. La stratégie des Grecs et leur "profession" de soldat joua en leur faveur et leur permirent de résister jusqu'à la trahision d'un des leurs.


La fresque épique que nous propose Frank Miller est en fait une relecture de l'agogé auquel tout jeune psartiate est astreint pour prouver sa bravoure. En effet, dès l'âge de sept ans, les jeunes garçons sont envoyés hors des murs de la cité, dans la Chôra, symbolisant la barbarie, où ils sont livrés à eux-mêmes et doivent survivre par leur propre moyen. S'ils réussissent, à leur retour dans la cité, symbole de la civilisation, ils intègrent le corps civique et deviennent Spartiates. La bataille des Thermopyles n'est pas seulement un fait historique, mais c'est aussi un mythe à travers lequel la cité de Sparte revit son agogé, envoyant ses enfants au devant des Perses, affronter la barbarie, et la victoire qui doit en résulter apporte la liberté à la cité et voit triompher la civilisation.


Cette lecture, qui est sans doute celle de la bd dont le film est extrait, est cependant plus ambiguë dans le film, en raison du contexte dans lequel il est produit. Les citoyens soldats de Sparte mourrant pour la liberté de leur patrie face à une barbarie venue du Moyen-Orient, prend une conotation particulière alors que la guerre d'Irak n'en finit plus et que l'Iran - héritière de la civilisation perse... - est stigmatisée par Washington... Une cité où les armes font les hommes, et dont la sureté de la patrie dépend de leur maîtrise dissimule mal l'allégorie d'une certaine Amérique, des valeurs qu'elle se vit défendre et de son IIème amendement... La diabolisation de la Perse comme fanatique et débauchée, à vrai dire, n'est pas neuve, et c'est bien regrétable...


Inverser alorsnotre regard. On verrait des Perses venir venger leur ambassadeur massacré à Sparte par l'orgueil Léonidas, et combattre pour une juste cause. On verrait encore des Spartiates fanatiques et violents, résistant à une culture aussi puissante que brillante que représente le monde achéménide. On verrait enfin ce laboratoire des cultures, que constitue la Perse triompher d'une cité eugéniste et xénophobe... Mais une lecture de ce genre serait-elle bien raisonnable, ou, pardon, "patriotique"?

Mais attendons la critique avisée de Nij

21 mars, 2007

Etre romain en Afrique: une idée d'avenir pour l'identité?

Les épreuves écrites du Capes d'histoire-géographie, qui se sont déroulées lundi et mardi derniers, ont proposé pour la compisition d'histoire de traiter pour sujet: "Être romain en Afrique de 69 à 439". Parmi les documents accompagnant le sujet, on pouvait notamment lire un extrait de l'Apologie (159-161) d'Apulée évoquant son identité romaine et les origines de la cité de Madaure, en Afrique, dont il est l'un des magistrats.

"Quant à ma patrie, (...) elle était située sur les limites mêmes de la Numidie et de la Gétulie. J'ai déclaré en effet, dans une conférence publique que j'ai faite en présence de Lollianus Avitus (Proconsul d'Afrique), que j'étais demi-numide et demi-gétule. Mais je ne vois pas ce qu'il y a là pour moi de plus déshonorant que pour Cyrus l'Ancien d'avoir été de sang mêlé, demi mède et demi perse. Ce n'est pas au lieu de naissance, mais au caractère de chacun qu'il faut regarder. (...) Cela ne veut pas dire que je gougirais de ma patrie, même si nous étions encore la ville de Syphax. Mais après la défaite de ce prince, la faveur du peuple romain nous fit passer sous la domination du roi Massinissa; plutard notre cite fut fondée à nouveau par l'établissement de vétérans; et nous sommes maintenant une colonie florissante. Dans cette colonie, mon père a occupé le haut rang de duumvir, après avoir passé par tous les honneurs; et sa situation dans la communauté, depuis que je fais partie de la curie, je la conserve sans déchoir, aussi honoré, je l'espère, et aussi considéré".

Être fier d'être romain et de ses origines gétule et numide tout en célébrant cela en grec... voilà le mélange duquel résulte l'identité si particulière qu'est celle d'Apulée. Ecrit au IIe siècle, ce texte est pour nous d'une grande modernité et nous invite à dépasser nos identités communautaires pour n'en regarder qu'au "caractère", d'autre diront à la vertu. Le sang importe peu, le sol aussi finalement, ce qui importe ce sont les qualité individuel qui font la grandeur de celui qui les cultives. Être romain pour Apulé, c'est donc considéré une méritocratie à laquelle il me semble que nous aussi nous avons cru, loin de la discrimination positive et du communautarisme.

Et si l'identité romaine d'Apulée etait un modèle pour la notre?

16 mars, 2007

Hradcany depuis Vysehrad, Prague, aout 2006


Côme de Prague écrit au XIe siècle une Cronica Boëmorum dans laquelle il nous présente les origines mythiques de Prague et nous fait connaître la légende de Libuše (Livre I, ch. 4-9), troisième fille du duc de Bohême Krok, soeur de la guérisseuse Kazi et de la magicienne Teta. Investi d'un pouvoir prohétique, fut choisi par son père comme héritière, ayant la plus grande clairvoyance pour trouver le meilleur des successeurs. Lors d'une de ses balades elle s'arrêta au village Stadice sur un laboureur en train de cultiver son champ. Přemysl s'imposait alors à Libuše comme épou et successeur de son père. Avec lui elle allait donné à la Bohême une dynastie de prince, mais il fallait encore leur trouver une capitale. Le rocher de Vyšehrad depuis lequel avait règné sur la Bohême le duc Krok était devenu trop étroit pour les grandes ambitions de la prophétesse. Alors du haut de Vyšehrad, prise d'une transe, et comme par évidence, elle se mit un jour à indiquer un endroit de l'autre côté de la Vltava. Elle dit qu'on y trouverait un homme en train de couper du bois pour contruire le palier de sa maison. Elle ordonna alors qu'à cette endroit on édifierait sa ville "dont la gloire confinera avec les étoiles", et que le seuil de la porte de la maison de cet homme serait le seuil de son château et que l'on appellerait enfin cette ville "Praha", ce qui en tchèque signifie "le seuil". Cet endroit, c'est aujourd'hui le quartier de Hradčany.

15 mars, 2007

Musicagenade: Kitch, Kitch, Kitch...

Le problème avec les chansons à la con que vous fredonnez pour déconner dans un café, ou en vous balladant avec vos amies, c'est qu'une fois en tête... il devient très compliqué de s'en débarasser... Alors autant en faire "profiter" tout le monde... `

13 mars, 2007

La vie sexuelle des Français: quoi de neuf?


Depuis ce matin, les media font leur choux gras de l'enquête de Nathalie Bajos et Michel Bozon, qui vient d'être publiée sur le comportement sexuel des Français. Parité impose, l'âge du premier rapport entre les hommes et les femmes se rapproche pour n'être plus éloigné que de quelques mois: 17 ans et 2 mois pour les hommes et 17 ans et 6 mois pour les femmes. De manière générale la vie sexuelle des individus d'allonge, elle commence plus tôt et se finit plus tard qu'il y a 50 ans, où l'age avoué du premier rapport sexuel pour les femmes était de 20 ans. Par ailleurs, la fréquence des rapports pour les personnes de plus de 50 ans se multiplie. A la bonne heure!

Les pratiques en elles-mêmes semblent aussi évolué. L'homosexualité augmente chez les femmes alors qu'elle reste stable chez les hommes. Le sapphisme serait-il à là mode chez les jeunes parisiennes? Perso j'ai ma petite idée. Le nombre moyen de partenaires reste stable, il serait de 4,4 (en même temps?) pour les femmes et de 11,6 pour les hommes. Perso, si c'est vrai, je crois avoir de très mauvaises fréquentations et ne pas être fréquentable moi même... Bon, bien entendu, il faut ici composer avec les pudiques et les ventards. Reste cependant encore à comprendre ce qu'est un partenaire... Selon l'enquête, les femmes ne compterait pas les rapports non-affectifs... ce qui nous donne donc des chiffres aussi fiables que ceux du chomages de la délinquence, ou du PIB de nombreux pays sub-sahariens... Plus que de savoir si sucer c'est tromper, il faut aujourd'hui se demander si coucher sans amour c'est coucher... Alors ne parlons même pas de savoir comment sont pris en comptes tous les petits délices qui nous amènent parfois, nous ou les personnes avec qui nous les partageons, à éprouver de belles agonies...

Venons en au net maintenant. 10% des mâles et 6% des femmes auraient eu un rapport sexuel avec une personne rencontré sur le net. Ce qui soit dit en passant, fait du net un véritable phénomène de société. On a longtemps cru que le net désociabilisait, au contraire, il faut plutot l'envisager comme une nouvelle forme de sociabilité, qui ne nous éloigne pas nécessairement du réel, si ce n'est apparemment pour mieux y revenir. En ce sens, le net assume bien son rôle de contre-monde ouvrant les portes du possible de la sexualité. Cette boite à fantasme ne serait donc pas uniquement disposée pour nos petites douceurs égoïste, mais ferait oeuvre sociale. Ah oui, la sexualité est une relation sociale comme une autre, mais il ne faut pas trop le dire, il paraît que le monde est assez désenchanté comme cela... Bref, on est encore loin de la sexualité de nos amis les Romains...

Bref vive le sexe!
Vive le sapphisme!
Vive le net!
et Vive la République!

10 mars, 2007

Pour en finir avec l'identité nationale

Alors que Sarkozy vient d'émettre l'idée de la création d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale il est tant de poser la question de la pertinence de cette échelle identitaire pour nous. Telle que l'envisage Sarko, cette identité nationale est liée à l'immigration donc à la mondialisation et ses mobilités qui la mettent en cause, si ce n'est la révoque. Se positionnant à l'encontre d'un phénomène contemporain, l'identité nationale serait alors une idée d'arrière garde, une idée réactionnaires au sens propre du terme qu'il faudrait protéger contre le temps et qui donc se voudrait à contre-temps...

Il est bon de rappeller ici que l'identité nationale ne va pas de soit. Elle émerge à la toute fin du XVIIIe siècl et au début du XIXe siècle après une longue période de cosmopolitisme européen, apparaissant donc comme un repli à l'encontre des grands empire et le prétexte stratégique à une volonté d'indépendance. Le nationalisme qui en découle devient un lien social entre les individus partageant la même identité. Tiens, n'est-ce pas là encore, à l'échelle de l'individu et anthropologiquement parlant, un processus d'interaction paritaire? Bref, l'identité nationale a eu un début, elle aura donc une fin. Elle n'est pas sacrée puisqu'elle a été crée et donc, comme toute identité, elle est révocable.

Toutefois, lier l'identité nationale à la mondialisation, ou plutot à ses phénomènes de mobilité comme le fait le candidat-ministre nous enmène très loin de la nation telle que la définissait Ernest Renan d'un "plébicite de tous les jours", une volonté de vivre ensemble. En ce sens, l'immigration n'est pas un frein à l'identité national, elle n'empeche pas le migrant de plébicité cette identité. Ce manque au raisonement de Sarkozy est pourtant fondamental, dans la mesure où l'on peut être juridiquement français et mettre en cause par son mode de vie et sa vision de monde, cette identité nationale en elle-même. Les mauvaises langues diront que mon sentiment identitaire "urbano-européen" peut sans doute en être l'exemple, mais celà est un autre sujet... non?

08 mars, 2007

Musicagenade: journée de la femme

Comme je viens de laisser un message délicieusement odieux sur le blog de Nij, je tiens à me faire pardonner pour cette journée de la femme..., même l'initiative de cette journée témoigne d'un petit reste acide de misogynie...

Bon petite puce ne va pas aimer, mais comme elle me fait la tête et qu'elle croit que je lui fais aussi... Que voulez-vous? Elle n'aime pas Renaud cette tête de mûle...



Oh et puis finalement non... ce texte d'une chanson inédite de Brassens, a bien sa place sur mon blog et dans mes humeurs du moment... Voici là chose, qui pour le coup, va sans doute faire rire petite puce... c'est le but, j'espère que ça va marcher...:

Se Faire enculer

La lune s'attristait. On comprend sa tristesse
On tapait plus dedans. Elle se demandait quand est-ce
Qu'on va se rappeler de m'enculer.

Dans mon affreux jargon, carence inexplicable,
Brillait par son absence un des pires vocables
C'est: "enculé". Lacune comblée.

Lâcher ce terme bas, Dieu sait ce qu'il m'en coûte,
La chose ne me gêne pas mais le mot me dégoûte,
Je suis désolé de dire enculé.

Oui mais depuis qu'Adam se fit charmer par Eve
L'éternel féminin nous emmerde et je rêve
Parfois d'aller me faire enculer.

Sous les coups de boutoir des ligues féministes
La moitié des messieurs brûle d'être onaniste,
L'autre d'aller se faire enculer.

A force d'être en butte au tir des suffragettes
En son for intérieur chacun de nous projette
D'hélas aller se faire enculer.

Quand on veut les trousser, on est un phallocrate,
Quand on ne le veut point, un émule de Socrate,
Reste d'aller se faire enculer.

Qu'espèrent en coassant des légions de grenouilles?
Que le royaume de France enfin tombe en quenouille,
Qu'on coure aller se faire enculer?

Y a beaux jours que c'est fait devant ces tyrannettes,
On danse comme des pantins, comme des marionnettes
Au lieu d'aller se faire enculer.

Pompadour, Montespan, La Vallière et j'en passe
Talonnèrent le roi qui marchait tête basse
Souhaitant aller se faire enculer.

A de rares exceptions, nom d'un chien, ce sont elles
Qui toujours mine de rien déclenchent la bagatelle;
Il faut aller se faire enculer.

Oui la plupart du temps sans aucune équivoque
En tortillant du cul dames nous provoquent,
Mieux vaut aller se faire enculer.

Fatigué de souffrir leur long réquisitoire
Ayant en vain cherché d'autres échappatoires,
Je vais aller me faire enculer.

D'à partir de ce soir cessant de croquer la pomme
J'embarque pour Cythère en passant par Sodome,
Afin d'aller me faire enculer.

Afin qu'aucune de vous mesdames n'imagine
Que j'ai du parti pris, que je suis misogyne,
Avant d'aller me faire enculer

J'avoue publiquement que vous êtes nos égales,
Qu'il faut valider ça dans une formule légale,
Je suis enculé mais régulier.

En vertu de quel pouvoire, injustes que nous sommes,
Vous refuse-t-on les droits que l'on accorde aux hommes,
Comme d'aller se faire enculer.

05 mars, 2007

Dom Juan au regard de l'histoire et de l'anthropologie

" Dom Carlos
Nous nous voyons obligés, mon frère et moi à tenir la campagne pour une de ces fâcheuses affaires qui réduisent les gentilshommes à se sacrifier, eux et leur famille, à la sévérité de leur honneur, puisque enfin le plus doux succès en est toujours funeste, et que, si l'on ne quitte pas la vie, on est contraint de quitter le royaume; et c'est en quoi je trouve la condition d'un gentilhomme malheureuse, de ne pouvoir point s'assurer sur toute la prudence ettoute l'honnêteté de sa conduite, d'être asservi par les lois de l'honneur au dérèglement de la conduite d'autrui, de voir sa vie, son repos et ses biens dépendre de la fantaisie du premier téméraire qui s'avisera de lui faire une de ces injures pour qui un honnête homme doit périr" (Dom Juan, acte III, sc. 3)


Cela fait longtemps qu'un livre d'histoire ne m'avait pas pris comme celui-là, à savoir le dernier essai de Jean-Marie Constant, "La folle liberté des baroques (1600-1661)". Cet essai rélalise l'ambition entre autre, de soumettre la littérature, de la France des Régences du XVIIe siècle et du règne de Louis XIII, à d'autres regards et de "la penser aussi comme un document d'histoire et d'anthropologie qui peut apporter beaucoup sur la comprehension des sociétés". Aussi l'auteur présente un nouveau niveau de lecture du dom Juan de Molière que les études littéraires ignorent souvent. L'oeuvre correspondrait à l'arrivée au pouvoir d'une nouvelle génération politique et Molière aurait réussi à réaliser la synthèse de deux traditions du mythe: "l'Espagne présente un modèle exemplaire de châtiment divin, l'Italie le tourne en bouffonnerie, la france fait la synthèse des deux courrants et y greffe une autre perspective - le portrait typique du grand seigneur baroque du temps".

Dom Juan n'est pas qu'un séducteur c'est aussi un philosophe: "la justification, qu'il donne de son comportement met en cause une des valeurs fondamentales de la société baroque: l'amitié". Il défie non seulement la société mais aussi Dieu, n'estimant n'avoir de compte à rendre qu'à lui seul et qu'il est prêt à "déméleré avec. Dom Juan trangresse à la fois des valeurs sociales et religieuses. Or ces valeurs sont mise en cause au début des années 1660 et Louis XIV met en place ses grandes enquête de noblesse, tentative de remettre en ordre l'aristocratie, si ce n'est la société de son temps. Molière défend en effet la primoté du mérité sur la naissance, parfois même contre son personnage, mais Dom Juan est un noble de son temps, un grand seigneur libertin certes, mais aussi un gentilhomme courageux, qui n'a pas peur de la mort et se trouve honorer de pouvoir perdre la vie au combat. Cet idéal aristocratique est battu en brêche depuis Richelieu et la décapitation de Bouteville qui malgré les interdits a participé à 27 duels, tous victorieux... Et Dom Juan de déclamer que "si l'on ne quitte pas la vie, on est contraint de quitter le royaume" pour continuer à vivre noblement. Dom Juan qui prend plaisir à transgresser toutes les valeurs dela société civile et de la réforme catholique, accepte sans discuter les règles de conduite du gentilhomme. Et face à la mort, Don Juam à l'attitude de son état. Il l'affronte sans crainte.

Je viens à pein de finir le premier châpitre de ce livre pétillant d'intelligence et de subtilités comme le siècle qu'il se propose d'étudier, et je ne vous garantis pas de pouvoir me retenir d'en écrire plus dessus.

Musicagenade: on avoue rien si l'on est innocent

03 mars, 2007

La Hongrie ottomane: une histoire muette?

Vous avez pu lire dans les commentaires de mon avant dernier billet un débat controversé sur la question de la "présence" ottomane en Hongrie et plus généralement dans les Balkans. S'agît-il d'une oppression ou d'un simple système de gouvernement comme un autre? La mémoire nationale hongroisie glorifie aujourd'hui, et à raison, le règne de Mathias Corvin mais disqualifie totalement la période qui suis la bataille de Mohacs et la partition de la Hongrie en trois pendant 150 ans. En effet, en 1520, un certain Soliman devient Grand Seigneur à Constantinople, un an plus tard il prend Belgrade, traverse le Danube et marche vers Buda. Le 29 août 1526, à Mohács, l'armée ottomane met en déroute celle du roi de Hongrie, Louis II Jagellon, lequel trébuche pendant sa fuite et se noie dans un ruisseau. Le 11 septembre de la même année, la capitale du royaume est prise. Soliman qui refuse d'assumer ses conquêtes confie dans un premier temps la couronne de Saint-Etienne au voïvode de Transylvanie, Jean Zápolyai. En 1529, les Ottomans mettent même le siège sur Vienne et font trembler la Chrétienté. En 1541, le Royaume de Hongrie est finalement divisé en trois: le Nord (Haute Hongrie, ou actuelle Slovaquie) et l'Ouest sont donnés à Ferdiand 1er de Habsbourg qui devient roi de Hongrie, la Transylvanie devient autonome et vassale de Constantinople et la plaine de Hongrie dont Buda est annexée à l'Empire ottoman et devient le Pachalik de Bude. Il faut attendre l'échec du second siège de Vienne en 1683 et la conquête de la Hongrie par l'Empereur pour que le vieux royaume soit restauré en 1699.


Si pendant cette période on connait bien l'histoire de la Hongrie dite royale et que depuis les traveaux de Béla Kopëczy celle de la Transylvanie nous est révélée, il reste que l'histoire de la partie ottomane de la Hongrie demeure controversée. Pour beaucoup, cette histoire est celle d'une oppression, soumise au Timâr, c'est à dire à l'impôt levé pour nourir l'armée et ses janissaires. D'autres, y voit un pays conquis par le Djihad et la mainmise de l'Islam sur un part de la Chrétienté sacrée. Ajoutons à ce préjugé religieux le préjugé politique qui frappe le Sultan imanquablement de despotisme et l'on comprend qu'il est bien difficile face au consciences contemporaines de réabiliter l'histoire ottomane de la Hongrie. Je ne veux pas compter les points, ni savoir si la domination ottomane fut plus rude que celle des Jagellon ou des Habsbourg. L'historiographie hongroise a même pendant longtemps disqualifié l'époque moderne sous prétexte qu'après Mathias Corvin le pays n'avait été soumis qu'à des despotes étrangers. C'est là bien mal connaître l'histoire moderne que de la penser à travers le prisme du nationalisme. Celui-ci n'est pas opérant.


Voici donc juste quelques faits qui pourront peut-être faire avancer le débat. Il est d'abord intéressant de remarquer quer François 1er était considéré par le futur Philippe II d'Espagne comme aussi tyranique que le Sultan tellement il oppressait ses sujets d'impôts. Si aux yeux de ce futur grand roi les règnes de François 1er et de Soliman sont comparables, force est de constater que leur mémoire aujourd'hui diffèrent. Il est vrai que l'armée est le premier outil de gouvernement du Sultan dans les Balkans et en Hongrie en raison de sa poistion frontière dans l'Empire. Les janissaires sont rétribués par le timâr, c'est à dire un prélèvement en nature sur les récoltes. A vrai dire, les abus sont rarement commis contre les populations, d qui paient le timâr, mais contre les populations frontalières qui subissent régulièrement les raîds ottomans, dont les Croates de Slavonie. Par ailleurs, Il faut relativiser le poids de ce timâr qui pour la Hongrie ne profite pas à plus de 6000 individus... Par ailleurs, la Hongrie ottomane ne connaît pas un déclin économique alors qu'elle a connu de nombreuses crises avant le partage. Si certains aristocrates abandonnent leurs terres pour se réfugier en Hongrie royale, on sait aussi que des paysans de Haute Hongrie viennent s'installer dans le Pachalik de Bude où ils trouvent des conditions favorables au travail de la terre. D'un point de vue religieux, il n'y eu aucune conversion de force, l'Empire ottoman pratique une politique tolérante à l'égard des communautés chrétiennes et juives. Aussi, catholiques, protestants, orthodoxes et juifs ont pu continuer à pratiquer librement leur culte alors que les guerres de religions éclataient partout en Europe. On perçoit même quelques conversions volontaires à l'Islam comme le montre Bartolomé et Lucie Bennassar et des pratiques syncrétiques culturelles nouvelles émergeant de la rencontre avec le monde ottoman. Les Bains turcs ne sont ils pas aujourd'hui une fierté de Budapest?

J'espère que ces brefs éléments suffiront à relativiser le préjugé négatif que l'on peut encore porter sur la politique ottomane en Europe, même s'il est vrai que le nationalisme qui règne aujourd'hui dans les Balkans et en Hongrie rend peut être difficile sa révocation...

02 mars, 2007

Musicagenade: rien n'est plus actuel qu'un souvenir


Souvenirs proches ou lointains, bref souvenirs des choses qui nous manquent au moment où on les désire encore avec soi, et à ces souvenirs qui sont parfois aussi des invitations...

28 février, 2007

L'Anatolie des Byzantins



En feuilletant les pages de Bernadette Martin-Hisard sur l'Anatolie et l'Orient byzantin dans Le Monde Byzantin de Jean-Claude Cheynet, je ne suis replongé dans mes photos de voyages et les quelques jours que j'ai passé il y a un an et demi en Cappadoce. J'ai déja eu l'occasion d'écrire ici quelques lignes sur cette région qui parle beaucoup à notre imaginaire contemporain familiarisé aux paysages tataouinesques de George Lukas, mais l'Anatolie centrale entre le Lac Tatta, Césarée et Môkissos était pour les populations byzantines des époques isaurienne et comnène était à la fois un don, un asile et donc un espace de liberté alors que les Turcs ne cessaient de progresser au Proche Orient.


L'actuelle Vallée d'Ucisar est en fait une dépression creusée dans un plateau calcaire par l'érosion et dont le fond est tapissé d'une surface alluviale relativement grâce qui permet une agriculture de subsistance, qui certes ne suffit pas à l'enrichissement des paysans qui la cultivent, mais permet aux familles de vivre convenablement.


La "Vallée de l'amour" symbolisée par les cheminées de fées en forme de phallus, scultée par les humeurs de l'érosion symbolise d'une certaine manière cette relative fertilité, associée par les anciens à la déesse de l'amour... la vallée étant un axe majeur de communication à l'époque hellénistique.


Il n'en est pas moins que le tuf fait ici office d'asile pour les populations fuyant les raids turcs et arabes et offre un refuge troglodyte des plus discrets et doté d'un certain rafinement. Les habitations creusées dans les cheminées ou dans le talus du plateau comportent en effet plusieurs pièces et l'on repère assez facilement que chacune de ces pièces a son utilité propre. La roche est sculptée à l'intérieur de telle sorte qu'elle offre à ses habitants un certain confort "mobilier".


Sans doute la vallée du monastère de Göreme offre l'exemple le plus frappant de ce raffinement à l'exemple de la voute de cette basilique totalement scultée dans la roche et dont les ornements préservés de la lumières sont encore, si ce n'est surtout aujourd'hui, stupéfiants.


La "coupole" ornée de ce Christ bleu sitée dans une chapelle un peu plus en hauteur que la précédente nous donne aussi à penser un art byzantin pictural bien différent des mosaïques de Sainte-Sophie ou des scènes dorées de Saint-Sauveur-in-Chôra à Instabul. Ce raffiment est d'autant plus intéressant qu'il se réalise dans une période de conflits politiques religieux entre l'empire chrétien de Byzance et le royaume seldjoukide.


Grégoire Pakourianos ou Kékauménos nous diraient sans doute que s'il y a un monastère c'est qu'il y a possibilité de s'enrichir dans la région... le monastère n'étant finalement qu'un outil de production comme un autre. Certes, c'est là tout le charme de l'histoire byzantine. Il n'en est pas moins que cette table monacale exprime aussi la réalité d'une vie de contemplation et de prière qui n'est tout de même pas absent de l'idéal monastique byzantin.


Les vallées d'Ucisar et de Göreme seraient alors des refuges de la chrétienté comme laisse le suggèrer au loin ce profil virginal? Il me semble que ce sont avant tout des contre-mondes qui émergent dans un contexte et un espace troublé par la guerre, mais aussi des échanges que toute guerre induit. Ces contre-mondes sont donc paradocalement aussi des marges de liberté à l'égard de la lointaine Constantinople qu'elle soit d'abord byzantine puis ottomane, le Grand Seigneur n'ayant jamais porté atteinte à cet asile Chrétien. Mais un Ottoman, c'est encore un peu un Byzantin, alors tant que l'impôt est payé...

Le tombeau de Tapliot ou la tentative de déicide de James Cameron...

On apprend de New-York et de James Cameron - réalisateur du Titanic - qu'on aurait retrouvé le tombeau du Christ à Tapliot, soit à deux pas du Saint Sépulcre de Jérusalem. Ce genre de découverte est à vrai dire assez courrant et depuis le Moyen-Âge, le dernier tombeau de Jesus ne cesse d'être redécouvert. Toutefois, cette tombe apparaît pour le réalisateur hollywoodien comme particulière. Si l'on en suit les inscriptions, il n'y aurait pas seulement le corps du Christ mais aussi celui de Mary Madeleine et de leur fils, un certain Judas... L'info est est donc croustillante...

Si l'on retrouve le corps du Christ c'est que celui-ci n'aurait pas commit son petit come-back et donc qu'une partie des Evangiles fourvoirait ses lecteurs. Peut importe, ici il faut rappeler que la Résurrection n'est qu'une interprétation du texte, et que celle-ci peut très bien être métaphorique. Par ailleurs, la Bible n'est pas un livre d'Histoire, elle propose un mythe et un sens au monde et, en ce sens, il est vraiment vain de chercher à discerner la part du réel de l'imaginaire. Certes, le fait que Jesus a pu être marié à Marie Madeleine met en cause l'idée du célibat du prêtre semblable à celui du Christ, cependant ce célibat ne s'est imposé que très tardivement dans l'histoire chrétienne et n'est pas auourd'hui imposé aux pasteurs protestants. L'Eglise s'en remettra. Quand à Judas, là encore, peu importe que celui-ci ait été le traitre , le libérateur ou l'enfant - donc peut être la réincarnation... - dans la mesure où cela questionne que des bricolages dogmatiques et non l'interprétation chrétienne du monde.


Bref, que penser de tout ça? Pas grand chose à vrai dire... C'est Cameron qui médiatise l'affaire et non des archéologues ou des historiens. L'affaire fait parler, elle fera sans doute vendre, mais la Chrétienté en a vu d'autres, et cette petite histoire est plutot amusante. Dan Brown va sans doute en faire un livre... Tenez, au fait, est-ce plus grave que cette affaire ébranle la Bible ou le Da Vinci code? C'est avant tout une affaire à la mode après l'édition l'année dernière de l'Evangile dit de Judas, et la Palestine juléo-claudienne a connu bien des Jesus, des Judas et des Marie Madeleine...

26 février, 2007

Musicagenade: petite musique de nuit


La nuit t'habille dans mes bras
Pâles rumeurs et bruits de soie
Conquérante immobile
Reine du sang des villes
Je la supposais, la voilà

Tout n'est plus qu'ombre, rien ne ment
Le temps demeure et meurt pourtant
Tombent les apparences
Nos longs, si longs silences
Les amants se perdent en s'aimant

Solitaire à un souffle de toi
Si près tu m'échappes déjà
Mon intime étrangère
Se trouver c'est se défaire
A qui dit-on ces choses-là ?

As down lights up another day
Visions I once had fade away
All of those words unspoken
My wildest dreams off broken
It wasn't supposed to be that way

Should I leave why should I stay
Solitaire à un souffle de toi
Leavin'behind me yesterday
Si près tu m'echappes déjà
Am I free or forsaken
Mon intime étrangère
Cheated or awakened
Se trouver, se défaire
Does it matter anyway ?

24 février, 2007

Musicagenade: vestige de mes années trostskistes, et petite pensée au GRAG



Naïve et pourtant touchante cette petite chanson très "fin de siècle" n'en est pas pour autant sans intérêt. Qu'en est-il de l'école dans la campagne électorale? Quelles ambitions en dehors des options de la discrimination positive? Des profs plutot qu'un porte-avions, d'accord mais cela n'est pas un projet, ce n'est qu'une question de moyens et de volonté. L'école doit-elle encore instuter le citoyen comme le révait Condorcet ou doit elle faire de bons employés? L'école doit-elle négocier dans ses contenus avec la doxa pour ne pas froisser les idées communautaires? A voir comment nous sommes recrutés, j'avoue que l'optimisme n'est pas à l'ordre du jour. On préfère souvent le bon élève au bon prof et les CAPES ne sont plus que jamais une vaste hypochrisie. L'école n'est pas tant là pour donner des compétences pratiques que pour rendre moins con, pour ouvrir les esprit des élèves et enrichir leur vision du monde, et les aider à comprendre le monde dans lequel ils évoluent. A vrai dire, le problème est bien plus que politique et électoral, ce sont les IUFM qu'il faut réformer en de font en comble, les porfesseurs qu'ils faut mieux former et une instruction humaniste qu'il faut valoriser. Et le pire c'est que tout le monde le sait...

Ce n'est pas à 14 ans qu'il faut quitter l'école, au moment au justement cette ouverture sur le monde est la plus sensible. Et les choses ne changeront pas en multipliant les profs si nous passons toujours par la "fabrique à crétins" que constituent les IUFM. Donc, pas de véritable projet pour l'école chez nos deux Grands candidats, et un aveu d'échec dans les méthodes par Bayrou lorsqu'il était aux affaires. Au moins l'a-til reconnu, au moins a-t-il la lucidité etla franchise de l'admettre. Alors cher collègue François, rassure-moi, c'est quand qu'on va où?

Ok ma puce,là,c'est bien une calimérade...

23 février, 2007

Cachez ce bulletin que je ne saurais voir...

La polémique enfle, selon l'expression consacrée, depuis que des VIP en tout genre affichent leurs opinions et leurs intentions de vote. Si Steevy reste à l'antenne dans l'emission de Ruquier, sur France 2 et RTL , on prie Duhamel de prendre des vacances pour avoir il y a quelques semaines révélé son affection pour Bayrou. Loïc Le Meur, chroniqueur d'En aparte sur Canal +, et soutien de Sarko, vient à son tour d'être mis sur le banc de touche le temps de la campagne, son temps étant décompté pour le candidat de l'UMP. Dire pour qui l'on vote serait-ce alors une impudeur, caché ce bulletin que nous ne saurions voir? Tartuffade? Oui bien sur, si Duhamel et Le Meur n'avaient rien dit, ils seraient toujours à l'antenne sans égard du contenu de leur analyse politique, pour le reste irréprochable.

Tout aussi inquiétant sans doute, est la réaction de l'opinion. Ici ou là, on entend que l'on a pas à savoir pour qui les gens vote, que les isoloirs sont fait pour ça. L'impudeur est bien là. Mais ne dévions pas la fonction de l'isoloir. Celui-ci a d'abord pour fonction de préserver l'indépendance du vote de l'électeur et de limiter les pressions qui peuvent s'exercer sur lui. Certes les Romains de la République, ou les révolutionnaires de l'An II pensaient qu'un homme libre n'ava pas à avoir peur d'afficher ses idées. Mais, il faut bien se l'avouer, nous ne sommes pas du même acabit que ces hommes là. Or préserver le vote des uns ne doit pas empècher les hommes libres d'assumer publiquement leurs idées. Pourtant, dire pour qui l'on vote met mal à l'aise. Il y a finalement quelque chose d'aussi pervers qu'un "je t'aime" qui demande "m'aimes-tu aussi?".

Dire pour qui l'on vote ce n'est cependant pas violer le secret de l'isoloir, sauf à penser que l'isoloir serait en quelque sorte un outil de la paix sociale qui viserait à canaliser les tensions politiques et qui ferait donc aussi office de défouloir... Peut-être... les sondeurs savent bien qu'il doivent réévaluer les intensions du vote Le Pen, les personnes interrogées retenant même dans leur anonymat leur intention de vote. Reste alors à penser le poids des chroniqueurs et intervenants publics dans la campagne électorale. Nourrit-on encore le fantasme qu'il y a des meneurs d'opinion? Rappelons-nous ce constat: 80% des édito invitaient les français à voter pour le "oui" leur du referendum sur la constitution européenne, et nous connaissons le triste résultat. Les français feraient alors part soit d'une grande indépendance d'esprit, soit d'un esprit très buté...

22 février, 2007

Je suis un centriste à l'américaine... dès fois, je me désespère moi-meme...

Dans ma quête de quisuisjehitude je suis tombé sur un petit test sympa pour une pleine campagne électorale. Celui-ci s'intitule: "How Liberal or Conservative ar you?" Bien entedu le test est américain et il est assez marrant de voir que les termes de libéral et de conservateur renvoient à des idées assez différentes des notres. Le terme de libéral renvoie ici à une indépendance de l'individu, à celle de ses liberté et de son éthique alors que la notion de conservatisme est celle assez complexe de l'inscription de l'individu dans des structures socio-politiques et morales plus ou moins rigides qui recoupe à la fois une sorte de conservatisme morale de droite et un protectionisme des acquis sociaux de gauches à la française. Voici, au bout d'un vingtaine de question le résultat.

Your Political Profile:
Overall: 50% Conservative, 50% Liberal
Social Issues: 50% Conservative, 50% Liberal
Personal Responsibility: 50% Conservative, 50% Liberal
Fiscal Issues: 75% Conservative, 25% Liberal
Ethics: 25% Conservative, 75% Liberal
Defense and Crime: 50% Conservative, 50% Liberal


Alors voilà, après cinq séries de quatre questions, regroupant ert classant, il faut bien l'avouer, avant tout les sujet de société américains, je serais autant conservateur que libéral. Je trouve bien entendu que la peine de mort est une violation des droits de l'homme, que la guerre en Iraq est injuste et que la discrimination positive c'est de la connerie. En fait je me trouve tres quand même très libéral à la lecture de mes réponses. Je suis alors une sorte d'équilibre à moi tout seul, une centralité triomphante, bref je vote Bayrou.
En fait oui, c'est d'ailleurs ce que je risque de faire.

21 février, 2007

L'extreme centre: une idée révolutionnaire?

Voici plusieurs blogs et journaux que je consulte et qui évoque cette expression intéressant de "l'extrême centre" pour qualifier la politique de François Bayrou. Beaucoup relève sans doute l'oxymore qui a priori ressort aujourd'hui de la formule, le centre étant perçu comme mou voire inerte. Cependant, l'idée d'extrême centre n'est pas neuve, elle a été employé par l'historiographie de la Révolution Française pour qualifier le groupe des parlementaire qui ont tenu la République de la Convention au Consulat.

Cette extrême centre rassemble les hommes de compétences de la révolution qui manoeuvre la révolution tant bien que mal entre les ambitions particulières des contre-révolutionnaires et celle des ultra-révolutionnaires. Ce sont eux qui obtiennent la République après Varenne, eux qui entoure Condorcet lors du premier projet constitutionnel girondin, eux encore qui font tomber Robespierre alors que celui outrepasse les prérogatives dont il est investit. C'est encore l'extrême centre qui permet au Directoire d'entamer la sortie de la révolution, et l'on sait grâce à Jean-Pierre Jessenne, Bernard Gainot et Pierre Serna, à quel point ce régime fut important, malgré ce que l'on a longtemps cru... certes ce Directoire c'est la "république des girouettes" dont ironise Pierre Serna, mais ces girouettes qui se tournent vers la gauche et vers la droite ont su ainsi garder la Révolution dans ses principes malgré les troubles qu'elle a traversé.

Alors quel sens à l'extrême centre aujourd'hui? Je crois qu'il ne faut pas s'en moquer, que l'idée est intéressante et qu'une certaine manière, elle va bien à la famille politique dont est issu Bayrou comme tout ceux qui on un reste de radicalisme dans leur culture politique. Il ne faut donc pas crainde l'extrême centre comme une vague supercherie, ou une simple ironie disqualifiante, mais l'espérer, espérer ces hommes qui naviguent entre la séduction des Gorgias d'un côté et le vide de la démocratie d'opinion de l'autre pour garder les valeurs fondamentales de la République.

19 février, 2007

Démocratie d'opinion: fin de l'idée et triomphe du pathos


Roger Hanin, Don Gyneco ou Enrico Macias, les vip prennent position durant cette campagne présidentielle. Si je ne cite ici que des "soutiens" de Nicolas Sarkoczy, c'est que leur prise de position ont pour le moins surpris cette chose étrange que l'on nomme "opinion publique". Or l'opinion n'est-ce pas finalement là le problème. Ce matin j'écoutais le journal de la télé sur Europe 1 et les chroniqueurs analyser les discours des soutiens de Sarko et de Ségo et arriver au triste constat du vide que soutendaient leurs arguments. Cette campagne serait alors une campagne de l'affectif et de l'opinion, comme d'ailleurs l'envisage ouvertement Ségo avec sa démarche "participative".

Quid alors des idées dès lors qu'il s'agit de séduir? L'idée s'élabore, s'énonce et se construit de façon critique, par soi et par la confrontation avec l'autre. L'opinion n'est qu'affaire d'égo, d'où les différents clashs qui ont animés notre paysage politico-télévisuel ces derniers temps. Critiquer une idée c'est s'attaquer à un raisonnement. Critiquer une opinion c'est s'attaquer à un ressenti, or l'émotion est devenu sacrée et la peine due à sa mise en cause devient sacrilège si ce n'est déjà illégale... Le fait que ce soit les vip et non les intellectuels qui aujourd'hui s'engagent dans la campagne est tout à fait significatif de la prise de pas de l'opinion sur l'idée. On pourra bien entendu me citer Glucksman comme soutien de Sarko, mais Glucksman ne fait-il pas que suivre sa progression personnelle et celle aussi de sa philosophie vers une défense de l'émotion et une certaine forme non seulement de sacralité du ressenti, mais aussi du devoir que l'émotion crérait à l'égard de la société dans laquelle elle est formulée?

Bref, la démocratie d'opinion qu'elle soit pratiquée par les vip ou par n'importe qui dans les débats participatifs est à mes yeux une progression regrétable. Le journaliste se trouve relégué à la position de présentateur et les opinions finissent par s'énoncer pour s'énoncer, l'important n'étant même pas que l'opinion aboutisse à la conviction de l'autre, mais simplement qu'elle soit énoncée. Les opinions glissent les unes sur les autres et lorsqu'elles se rencontrent elles ne peuvent que brutalement se confronter, contrairement aux idées qui se transforment, s'élaborent et se recherchent. On comprend alors d'autant mieux la mise à l'écart d'Alain Duhamel pour avoir présenté une idée dans un cadre fait pour celà, en l'occurence Sciences po. L'idée en soi est dangereuse par ce qu'elle dénonce l'opinion. Et peut-on encore voir autre chose que de l'opinion dans les protestations de ceux qui sont vexés contre la critique de leur religion? Une démocratie d'opinion est une démocratie de petits tyrans capricieux et égocentriques, et s'il faut être démocrate, ce n'est pas cette démocratie là que je veux. Où sont les élèves de l'école d'Athènes?

18 février, 2007

Musicagenade: radio gogo, radio gaga

Il paraît que l'emploi du terme "gaga" est propre à ma génération... Oui chers amis, la génération 1981 est encore attaquée par l'une de ses cruelles cadettes. Aussi cette petite puce croit bon de me parler comme si j'étais un vieux crouton...
Je me trompe?
Pour la peine, petite vidéo d'un des mes concerts cultes, et non, je n'y étais pas, je n'avais que 5 ans...

Une Saint Valentin égytienne: l'éternel problème de l'arbre et de la foret

On apprend du Caire un événement délicat. Un groupe de musulmans égyptiens auraient mis le feu à des boutiques de coptes d'Egypte sous prétexte que la rumeur portait qu'un qu'un des leurs fréquentait une musulmane. Huit suspect ont été arrêtés à Armant, à 600 km de la capitale.

Il ne faut pas tomber dans une lecture trop simple d'un repli communautaire qu'expliquerait trop bien le tres huntingtonien choc des civilisations. Il faut d'abord poser la question de la relativité de ce genre de fait, qui s'avère foncièrement rares. Par ailleurs, la question du repli communautaire est bien plus complexe puisqu'il est permi à un musulman d'épouser une copte, malgré la condamnation de l'inverse. Ici, la religion s'arrange de la surabandance des humeurs phalliques... Le prisme religieux semble en fait insatisfaisant pour comprendre l'événement.


L'espace dans lequel s'inscrit ce fait divers n'est pas anodin. La Haute-Egypte joue anthropologiquement, depuis l'Antiquité, à la fois le rôle d'un espace d'inversion, si ce n'est de défoulement, et d'un conservatoire de la culture dite "egyptienne". C'est un espace du possible, et parmi ces possible, il y a celui d'une intolérance, moins forte dans le reste du pays. Enfin, les coptes d'Egypte s'inscrivent difficilement dans les espaces territorialisés par les musulmans, dans la mesure ou leur relatif nomadisme permet de les appréhender comme relativement marginal au regard de l'ensemble de la société. Nous sommes ici bien loin d'une simple interprétation religieuse.

Rappelons juste que 10% des 75 millions d'Egyptiens sont coptes. Autrement dit, la part des chrétiens est cinq fois plus importante que celle des musulman en France. Compte tenu de la relative marginalité de ce genre de fait, et au regard de la société française, il ne me semble pas que l'Egypte d'aujourd'hui, tout comme les sociétés de culture - et j'écris bien culture - musulmanes soient fondamentalement intolérantes...

17 février, 2007

Le Coran, le plaisir et moi

Je me souviens de mon année de maîtrise et des conseils de Nicole Lemaître qui nous disait qu'un bon historien de l'époque moderne doit toujours avoir une Bible auprès de lui. Il y en a effectivement une dans la petite étagère posée sur mon bureau. Est-ce à dire que je suis un bon historien? Je me permettrais du moins d'ajouter, qu'un historien de l'Orient moderne doit aussi savoir se plonger de temps en temps dans le Coran. Jade semblait assez surprise de voir le mien posé sur les quelques cartons d'archives qui me servent de table de chevet. Alors voilà, je viens de m'y ploger et de lire le verset suivant:

"Vous est rendu licite, durant une nuit de jeûne, le rapport avec vos femmes. Ne sont-elles pas votre vêture, et vous la leur? Dieu sait bien que vous vous fraudiez vous-mêmes. Il s'est repenti en votre faveur. Il a passé sur votre faute. Donc, désormais, ayez commerce avec elle. Désirez à la mesure de ce que Dieu vous assigne... " (Sourat II, verset 187)

il est assez intéressant de voir comment la "faute" finalement trouve sa place au sein même de la religion et est admise dans la vie des hommes. En effet, il ne semble ici ne pas tant s'agir de l'empêcher que de l'encadrer et donc d'ouvrir un espace et un temps de liberté et de permissivité. La nuit devient l'espace-temps antrhopologique de ce possible. La nuit dissimule, camouffle et permet le plaisir au même titre que le rêve. Tout ce qui s'y produit devient de l'ordre du possible, le plaisir n'en est pas exempt. Par ailleurs, le verset va plus loin, la faute se transforme en commerce et ce commerce se déculpabilise justement parce qu'il s'abstrait du monde révéler et prend sens et légitimité dans le monde dissimulé. Or, ici, Allah est aussi celui qui crée et qui permet autant le monde révélé que lon monde dissimulé, lequel constitue donc un contre-monde nécessaire.

Le remarque de Michel Onfray sur le fait qu'il n'y ait pas d'érotique chrétienne parce que le christianisme est une religion du verbe et non de la matière est intéressant. Inversement, les nombreux traveaux de Malek Chebel révèle une anthropologie du plaisir au sein de l'Islam. Si la démarche de Chebel s'inscrit en faux d'un intégrisme ascète, l'association de l'Islam et du plaisir n'est pas neuve. On connait avec Antoine Galand les Mille et nuits mais j'aimerais relever ici une nouvelle de Vienne publiée dans la Gazette d'Amsterdam du 29 août 1783:

"On mande en Bosnie, que trois Femmes avaient été assez heureuses pour se sauver de la Ville de Busim avec deux Filles & un Fils & de se retirer en Hongrie. A leur arrivée, elles déclarèrent que la crainte d’être envoyées par leurs Maris plus loin & dans le cœur de la Turquie les avait décidé à s’enfuir ; qu’étant descendues de Parens Chrétiens, elles désiraient embrasser cette St-Religion ; enfin qu’elles ne doutaient point, que plusieurs autres Femmes, des Hommes mêmes, ne prissent le même parti, lorsque les Hostilités commenceraient. Ces six Personnes, envoyées d’abord à Kostainicza y ont été instruites et baptisées. C’est un cas fort extraordinaire, car aucune Nation ne garde avec tant de soin les Femmes, que les Turcs, c’est ce qui le Prophète Mahomet leur ordonne expressement dans le Koran, par ces mots : O Vrais Croyans, gardez vos Femmes avec soin."

Bien entendu, il y aurait beaucoup de chose à écrire sur les logiques migratoires qui échappent ici au rédacteur de la gazette. Il n'en est pas moins interessant que la condition féminine soit considérée comme meilleure dans l'Empire ottoman que dans la très chatolique Maison d'Autriche, et celà par un Autrichien...

Musicagenade: Pas si fou, non! Petit hommage à une bonne vieille coutume burgonde...

14 février, 2007

Test: la proustitude


Le principal trait de mon caractère.
Curieusement gourmand

La qualité que je désire chez un homme.
Sa féminité

La qualité que je désire chez une femme.
L'amitié

Ce que j'apprécie le plus chez mes amis.
La franchise

Mon principal défaut.
L'impatience

Mon occupation préférée.
Mettre les pieds dans le plat

Mon rêve de bonheur.
Que le bonheur redevienne un rêve

Quel serait mon plus grand malheur ?
Que Dieu existe...

Ce que je voudrais être.
Beaumarchais

Le pays où je désirerais vivre.
Celui ou on jugerait les hommes dans une autre balance que celle du préjugé

La couleur que je préfère.
Le plaisir

La fleur que j'aime.
chut...

L'oiseau que je préfère
Le prince des nuées qui hante la tempête et se rit de l'acher

Mes auteurs favoris en prose.
Diderot, Kundera, moi

Mes poètes préférés.
Lafontaine, "c'est fin c'est ça et c'est tout" comme dirait Céline...

Mes héros dans la fiction.
Iskandar Mehmet Ali et Papageno

Mes héroïnes favorites dans la fiction.
Marie, sacrée menteuse... et Papagena

Mes compositeurs préférés.
Wolfgang, Amadeus et Mozart

Mes peintres favoris.
Boucher, Greuze et Michel Ange

Mes héros dans la vie réelle.
L'abbé Pierre... non je déconne pas de polémique... Grégoire Pakourianos et Sam Pepys!

Mes héroïnes dans l'histoire
Asinoé II Philadelphe

Mes noms favoris.
Comme Proust, je n'en ai qu'un à la fois, si si je vous assure...

Ce que je déteste par-dessus tout
Finir un repas sans café...

Personnages historiques que je méprise le plus.
Napo, Frédéric II et Lamartine

Le fait militaire que j'admire le plus.
Oser un premier baiser

La réforme que j'estime le plus.
L'abolition de la peine de mort par Badinter, vu le contexte...

Le don de la nature que je voudrais avoir.
Elle ne souffre rien d'inutile...

Comment j'aimerais mourir.
aimé

État présent de mon esprit.
enjadé

Fautes qui m'inspirent le plus d'indulgence.
Les miennes...

Ma devise.
Celle de Jan Hus... Oh! cherchez un peu...

10 février, 2007

La belle libre pensée du XIIIe siècle

Alors que le procès de Charlie Hebdo a été qualifié par certain de "médiéval", Patrick Boucheron réfléchit dans le numéro de février de L'histoire - consacré à "Peut-on parler de tout? Le retour de la censure" - à la liberté de pensée au Moyen-Âge, et rend comme il se doit, ses lettres de noblesse à une période qui lui est chère et qu'il sait si bien enseigner.

L'Université de Paris du XIIIe siècle connaît en effet une sorte de schisme intellectuel entre les tenants de la théologie classique et les nouveaux défenseurs de la l'aristotélisme commenté et connu alors en Europe grâce à un certain Ibn Ruchd, c'est-à-dire Averroès. En 1277, l'évêque de Paris Etienne Tempier promulgue un décret de condamnation des livres défendant les thèses d'Aristote. Mais que l'on ne si trompe pas, la condamnation ne nait pas tant du fait qu'Aristote soit connu en Europe d'un auteur Musulman que parce que les nouveaux aristotélitiens autonomisent la philosophie de la théologie et entendent fonder les dogmes sur la raison et non sur la croyance.



Une telle condamnation dans une période jugée si sombre que le Moyen-Âge ne surprend pas, et pourtant. Force est de constater que, même si la carrière d'un penseur comme Siger de Brabant en est brisée, les thèses aristotélitiennes et les commentaires d'Averroès continuent de se diffuser avant de s'imposer, malgré cette condamnation et les risques pris par les libres penseurs. Loin d'être obscur, le XIIIe siècle a connu de véritables débats intellectuels qui mettaient en cause la façon de voir le monde et de considérer la religion. Les enjeux n'étaient pas des caprices ou de simples spéculations mais impliquaient la vie de chacun et l'avenir de la société. Le Moyen-Âge a permis l'existence de telles controverses et a permis aussi au defenseurs d'une contre-culture de l'emporter finalement.

Alors, vraiment, sommes-nous plus libres aujourd'hui qu'au XIIIe siècle?

08 février, 2007

Musicagenade: time to let off some steam


Are you all settled in? right, then we can begin. my name is...
Alfie!

Once there was a time
When my mind lay on higher things
And once there was a time
I could find pretty words to sing
But now, well now I find
It saves time to say what you mean
I know it seems so unrefined
But its time to let off some steam

Oh come on!
Everybody knows that no means yes
Just like glasses come free on the n.h.s.
But the more I look through them the more I see
I'm becoming more like alfie

Once there was a time
When a kind word could be enough
And once there was a time
I could blindfold myself with love
But not nownow Im resigned
To the kind of life I had reserved
For other guys less smart than I
I know the kind who will always end up with the girls

And besides
Everybody knows that no means yes
Just like glasses come free on the n.h.s.
But the more I look through them the more I see
Im becoming more like alfie

Oh come on!

Sarko en campagne...


Flanant sur le site des Cafés Géo, je suis tombé sur une article de Gilles Fumey intitullé "Ciel, mon village! Petite étude sur la campagne présidentielle". Si géographie et politique sont souvant associés, la science est souvent soumise et utilisé comme outil de gestion territoriale et donc social par les minitères. Gilles Fumey renverse ici les perspective et nous montre à travers l'analyse comparée de l'affiche de Sarkozy et de celle de Miterrand de 1981, l'évolution de ce que l'on nomme le paysage ruralo-politique.

Le village en effet a disparu de la campagne pour laisser place à un bel openfield francilien. Le monde rural français tel que Sarko l'envisage est donc un monde productif, dominé par le remembrement économique et le productivisme agricole moderne estanpillé PAC. La disparition du village n'est pas anodine. C'est celle d'un lieu de sociabilité et d'un cadre et d'une identité sociaux. La campagne, telle que l'envisage le candidat Sarko n'est plus donc un lieu de vie créateur de lien social mais un lieu de production qui doit rapporter. Tout un programme...

Bien entendu toute affiche est nécessairement caricaturale et celle du candidat de Neully est sans doute plus le reflet de l'évolution réelle de nos campagne qu'un celui d'une volonté insatiable de tout rendre rentable et productif. Non, je ne fais pas ce procès là à Sarko. Cependant, comme le remarque Gilles Fumey, il est interessant de voir Me Sarkoczy de Nagy, maire de la très bourgeoise ville de Neully-sur-Seine, poser en blaser anglais devant une image de la ruralité française? Est-ce un paradoxe, une faute de mauvais gout ou un peu plus que ça? Les limites entre la villes et la campagne sont depuis longtemps mise en causes par les géographes, mais ce paysage rural que nous propose Sarko n'est-il pas celui d'une campagne dominé par la ville, je veux dire par la culture urbaine de la production et de la rentabilité? La campagne française serait-elle alors acculturée?

06 février, 2007

Charlie Hebdo, Mahomet et moi

Demain, Philippe Val comparaîtra en pénal pour Charlie Hebdo, accusé d'insulte envers un groupe d'individus en raison de leur religion pour avoir publié l'année dernière deux des dix caricatures de Mahomet et une une montrant le Prophète se perenant la tête entre ses mains, affligé du comportement des intégristes... La plainte a été déposée par la Mosquée de Paris et les musulmans modérés et par l'uoif et autres instances radicales de l'Islam. S'il y a quelque chose d'inquiétant dans cette affaire ce n'est pas les publications de Charlie qui sont garanties par la liberté d'expression mais biens ses tentatives réccurentes de limiter la libertés des individus pour protéger les susceptibilités particulières. On me répondra, j'en suis sur, qu'il y a la liberté et la responsabilité, et que cette notion de responsabilité doit nous faire nous restreindre dans notre liberté. je dis alors que si cela doit être, il n'y a pas de liberté.



Qui est responsable de trouble? Celui qui jouit de sa liberté ou celui qui n'admet pas que l'autre en jouisse? Nous tendons de plus en plus à sacraliser les identités particulières, qu'elles soient religieuses, mémorielles ou communautaire. J'écris que tout cela peut être attaqué, et même violemment, je pense même que tout ce qui est contraire à l'universel doit l'être. Je suis condorcetien. Celà peut paraître charmant et anodin aujourd'hui. Or je pense comme le dernier des encyclopédistes que la religion est un préjugé et qu'en tant que préjugé, non seulement je ne dois pas le respecter, mais que je dois aussi tout faire pour les détruire. Mais en blâmant le préjugé, Je ne blâme pas celui qui croit, pas plus que je ne porte de jugement sur lui, ou que j'interdirai à qui que soit d'avoir sa chapelle. Je combats les dogmes pas les hommes, et je combats les dogmes avec les idées. Je vous encourage même de vous rendre sur le site de l'UOIF pour que vous jugiez de leurs arguments... Que l'on ne s'y trompe pas, les Saint-Barthélémy ne sont pas les oeuvres de ceux que l'on nomme "athés".

05 février, 2007

La mosaique de Virgile à d'Hadrumète: le théatre, un art élitiste chez nos amis les Romains?


Si comédies et tragédies restent pour une minorité d’amateurs cultivés, les divertissements de masse sont pour Tertullien d’un goût très douteux. Ils expriment une « culture du pauvre » diffusée dans les cités africaines. On ne peut toutefois opposer de manière aussi tranchée en Afrique la culture romaines des élites municipales et une culture populaire basique et vidée de tout contenu intellectuel. La mosaïque du Virgile d’Hadrumète montre les passerelles entre les deux mondes. Le poète trône en chevalier vêtu d’une toge angusticlave et tenant dans les mains un volumen de l’Enéide. Il siège en majesté entre deux muses Calliope (la tragédie) et Polymnie (la pantomime). Le commanditaire obéit a deux buts explicites : exhiber une image de Virgile dans une pièce visible de ses clients et ses visiteurs affichant ainsi son statut d’homme cultivé ; perpétuer dans sa demeure le souvenir de sa culture mais aussi de sa générosité.

Musicagénade: et puis cette ombre encore debout...

01 février, 2007

What is britishness?: le vertige de la postmodernité au pays du multiculturalisme...

Qu'est-ce que la "britanité" - ou "britanitude" pour parler ségolénien - ? C'est cette question que pose aujourd'hui Le Times à ses lecteurs, suite à la décision d'Alan Johnson, secrétaire anglais à l'éducation d'ajouter des leçons d'histoire britanique au parcours de citoyenneté. Alors, oui, en bon Français condorceto-laïcardo-radical je pourrais me moquer de l'Angleterre, me venter de dire: "Ah! Ah! le modèle multiculturaliste ne marche pas, la preuve! On vous l'avait bien dit nous de l'autre côté du Chanel". Certes je pourrais le faire... Depuis les attentats du métro de Londres, perpétré par des Anglais, le royaume de Sa glorieuse majesté se pose des question quant à la soliidité du lien social national une fois les braves sujets sortis de Wembley ou de Twickenham.

Les nouvelles leçons dispensées doivent, selon A. Johnson, poser la question de l'ethnicité, de la religion et de la race, et explorer l'identité nationale britanique à travers l'étude de l'immigration, du Commonwealth, de l'Empire ou du droit des femmes. Les jacobins nostalgiques de l'école primaire de la troisième république, dont, dans une certaine manière, j'ai connu un héritage plutot bien conservé, se réjouirons de trouver enfin un peu de bon sens chez ces gens étrangent qui roulent à gauche. La mesure n'est par ailleurs, pas uniquement forte de son effet d'annonce, puisque Gordon Brown entend faire du Labor Party un "a modern patriotic party", selon ses propres termes. Mais la mesure pose pour nous des questions à portée universelle, dont les conséquences sont sans doutes amplifiées par les modèles anglo-saxons en raison de leurs structures.

Ces identités transfrontalières portées par le fait religieux nous amène aussi à poser la question de le pertinance de l'identité nationale dans un monde qui se globalise et ou l'échelle locale finit par l'emporter comme territoire de refuge identitaire. j'avoue, au risque de passer pour un traitre à la patrie après être passé pour un mécréant, que mon identité française est bien fragile, que je me sens tout autant chez moi à Paris qu'à Prague, Rome ou Istanbul et que certains coins de notre hexagone me paraissent bien exotiques. Bien entendu, la dissolution du lien national est elle aussi un phénomène global, plus ou moins marqué selon les sociétés qui l'éprouvent. Cependant, faut-il alors résister à ce phénomène sociétal ou l'accompagner en adaptant nos structures aux réalités nouvelles produites par les hommes? Bref, la construction de l'Union Européenne n'est-elle pas une priorité bien plus importante et plus adapté à ces problèmes que la marrote - il faut l'avouer aujourd'hui bien faisandée - de la "restauration" des identités nationales? Car enfin, parlons clair. Les identités nationales ne vont pas d'elles-mêmes, ce sont des créations, produit d'une culture et d'un contexte. En ce sens, elles sont révocables avec l'évolution de cette culture et de ce contexte.