04 mars, 2008

Musicagénade: et moi je suis un homme, qui aime bien ce genre de jeu...

Bonne journée aujourd'hui: mon four fonctionne, les H&M viennois sont plus sympas que les parisiens, mes archives sont fructueuses et grâce à Fanny j'ai mangé ma première Schnitzel depuis des lustres, et si peu chère que mon esprit tordu a refuser d'en comprendre le prix (non Mathieu, suis pas nul en allemand!). Mon humeur est donc plutôt... renanlucéenne (et Johann ne va pas encore déduire quoique ce soit sur qui que ce soit de cette chanson, elle me donne juste la banane...).

03 mars, 2008

Un championnat PSGissime

Aujourd'hui, découverte de la Bundesliga autrichienne... On dirait un championnat avec plein de PSGs jouant dans plein de stades Léon-Bollée... Y'a même plein de petits Landreau, si bien que le téléfoot local ressemble à une sorte de grand bétisier. En fait, gagne l'équipe qui fait le moins de conneries possibles. Je comprends mieux pourquoi les Autrichiens ont fait une pétition pour ne pas que leur équipe nationale participe à l'Euro que l'Autriche organise pourtant, afin d'éviter l'humiliation. Ah... 21h30... ORF Sport passe un championnat de danse...

Sinon quoi de neuf aux archives? Il faut attendre deux jours pour avoir son carton, mais bon, ok c'est dans un grand palais en marbre. Ah oui, ça ferme à 16h. Heure du café bien entendu. Sinon à la BU locale c'est une demie journée pour avoir ses bouquins et à la BN locale c'est quand ils veulent. Mais bon y'a des salons pour patienter avec son café...

Ah au fait, ma gazinière fonctionne! Bientot lasagnes al polo e peperoni.

musicagenade: c'est le temps où j'étais dernier...

Petite humeur du moment...


Rosa
envoyé par jacque_brel


et son remake perso...

C'est le plus vieux tango du monde
Celui que les têtes blondes
Ânonnent comme une ronde
En apprenant leur latin
C'est le tango du collège
Qui prend les rêves au piège
Et dont il est sacrilège
De ne pas sortir malin
C'est le tango des bons pères
Qui surveillent l'œil sévère
Les Jules et les Prosper
Qui seront la France de demain

Rosa rosa rosam
Rosae rosae rosa
Rosae rosae rosas
Rosarum rosis rosis

C'est le tango des forts en thème
Boutonneux jusqu'à l'extrême
Et qui recouvrent de laine
Leur cœur qui est déjà froid
C'est le tango des forts en rien
Qui déclinent de chagrin
Et qui seront normaliens (pardon, pardon, pardon...)
Parce que papa ne l'était pas
C'est le temps où j'étais dernier
Car ce tango rosa rosae
J'inclinais à lui préférer
Déjà Marie Elena

Rosa rosa rosam
Rosae rosae rosa
Rosae rosae rosas
Rosarum rosis rosis

C'est le tango des promenades
Deux par seul sous les arcades
Cernés de corbeaux et d'alcades
Qui nous protégeaient des pourquoi
C'est le tango de la pluie sur la cour
Le miroir d'une flaque sans amour
Qui m'a fait comprendre un beau jour
Que je ne serais pas Che Guevara
Mais c'est le tango du temps béni
Où pour un baiser trop petit
Dans les ruelles de Senlis
A rosi le jeune fille de devant moi...

Rosa rosa rosam
Rosae rosae rosa
Rosae rosae rosas
Rosarum rosis rosis

C'est le tango du temps des zéros
J'en avais tant des minces des gros
Que j'en faisais des tunnels pour Sarko
Des auréoles pour Saint Vincent
C'est le tango des récompenses
Qui vont à ceux qui ont la chance
D'apprendre dès leur enfance
Tout ce qui ne leur servira pas
Mais c'est le tango que l'on regrette
Une fois que le temps s'achète
Et que l'on s'aperçoit tout bête
Qu'il y a des épines aux Rosa

Rosa rosa rosam
Rosae rosae rosa
Rosae rosae rosas
Rosarum rosis rosis

01 mars, 2008

Sie haben beide Tore nicht zugesperrt

L'historien de la "convivencia" viennoise a été aujourd'hui l'objet d'une mise en pratique de son étude, quand en sortant de chez lui, il a trouvé cela au bas de sa porte:

"Ich habe Sie gesehen, Sie sind um 20.19U gekommen und haben beide Tore nicht zugesperrt, IN DIESEM HAUS WIRD UM 20 GESEPRRT"

"Je vous ai vu rentré à 20H19, et vous n'avez fermé à clé aucune des deux portes. DANS CETTE IMMEUBLE ELLES DOIVENT ÊTRE FERMEES A CLE A 20H"

Pas de signature, pas de s'il vous plaît, bref, un accueil de marque. Le terme de "Haus" n'en est pas moins intéressant puisqu'il renvoie autant à la l'intimité de la maison, privé ou collective - ici l'immeuble - qu'au pays, puisqu'on me fait bien remarquer par l'implicite que je ne suis pas d'ici, tout en ignorant d'où je suis. Bref l'étranger devient une faiblesse dans la mesure où il ne partage les pratiques sociales de la Maison, où il ignore qu'il faut fermer les portes à clé à 20h, autant de normes auxquelles il ne peut pas se soumettre puisque ne les ayant jamais appris et donc encore moins faites siennes. Par ailleurs, l'autre n'est pas l'égal, ici pas de négociation possible, encore moins de marge de manoeuvre, la culture ne se négocie pas et est intolérante, c'est-à-dire qu'elle ne tolère pas le temps de l'apprentissage, voire même ne l'admet pas considérant que tout doit être acquis et qu'il faut avoir appris les pratiques avant de les mettre en oeuvre. Intéressant aussi un contrôle social de l'intérieur et par l'anonymat renvoyant autant à un collectif qu'à la lâcheté et à l'irresponsabilité de l'auteur. Mais après tout, Nirenberg admet bien le conflit comme modus vivendi de la convivencia.

Soudain l'indifférence parisienne me manque moins...

Bonne journée cependant avec son lot de Käserainer mit senf, de cafés, une belle rencontre et sur le chemin du retour ce passant me lançant un "salamalekum", comme cela, pour rien, ayant sans doute reconnu en moi l'historien de l'Orient à Vienne.

29 février, 2008

Wie bitte?

Ca y est! première wurst mit senf, premier Apfelstrudel et premier "Wie bitte?", première réponse obtenue à la première question posée à un type arrêté dans la rue par un français effronté alors qu'il pleut comme schnaps qui coule... Petite histoire d'un Franzose in Wien qui découvre qu'un prof peut vivre dans 55m2 avec deux fenêtres sur le Danube et à deux pas du Prater et qui se dit qu'il faut qu'il trouve un prétexte professionnel pour revenir ici pendant l'Euro. Et le bulot dans tout ça? Ca attendra bien lundi le temps de dérouillé un allemand un peu rouillé, de retrouvé l'accent correcte du Grüssgott et d'avoir repris ses repères gastronomiques et n'a pas entendu parlé de Sarkozy de la journée (je joue avec le feu je suis sur tv5).

Sinon quoi à la télé? Un truc ou des types se battent pour savoir lequel des deux coupera le plus vite son tronc d'arbren un jeu qui s'appelle "Are you hot?" - sorte de facebook test télévisé -, Starky et Hutch en allemand, un Quiveut gagner des millions? autrichien ou un Colombo. Décidément, la télé autrichienne est aussi d'un grand classicisme.

Tiens proposition d'une soirée pas très catholique dans ma boite mail.

"Wie bitte?"

26 février, 2008

de retour

Bon voilà, suis de retour, trop de sarkozismes ces derniers temps pour rester muet et un départ pour Vienne dans quelques jours sont de bons prétextes pour rouvrir ce blog. Bon alors, là, je suppose qu'il faut que je refasse une ligne éditoriale... En même temps la première, je ne l'ai jamais tenue. Restons en donc à cette bonne vieille dideronade qui veut que mes idées soient mes catins et ça ira très bien. Bref je suis toujours aussi intellectuellement malhonnête, maladroit, provocateur (un de mes étudiants m'a dit que j'étais un anarchiste...), libidineux, amoral et musicalement dénué de goût.

Pour reprendre les bonnes vieilles habitudes, une petite vidé du temps où les présidents avaient une culture bril... non une culture tout simplement...



L'occasion est aussi trop belle pour refaire un test de proustitude:

Le principal trait de mon caractère.
Curieusement gourmand

La qualité que je désire chez un homme.
L'intelligence

La qualité que je désire chez une femme.
L'intelligence

Ce que j'apprécie le plus chez mes amis.
La droiture

Mon principal défaut.
L'impatience

Mon occupation préférée.
Mettre les pieds dans le plat

Mon rêve de bonheur.
Je ne me souviens plus de mes rêves...

Quel serait mon plus grand malheur ?
Que Dieu existe...

Ce que je voudrais être.
Diderot

Le pays où je désirerais vivre.
Grenade au treizième siècle

La couleur que je préfère.
c'est celle de vos yeux jaloux, ouh ouh ouh ouh

La fleur que j'aime.
dans une peau de vâche

L'oiseau que je préfère
ah les romantiques et leurs métaphores... Le canard c'est très bon avec du cury et du miel. C'est un oiseau au fait?

Mes auteurs favoris en prose.
Lorenzo Da Ponte, Giacomo Casanova, Milan Kundera

Mes poètes préférés.
Cesc Fabregas, Chris Waddle, Samir Nasri... ah et Bilitis

Mes héros dans la fiction.
Papageno!

Mes héroïnes favorites dans la fiction.
Marie, sacrée menteuse... et Papagena

Mes compositeurs préférés.
Wolfgang, Amadeus et Mozart

Mes peintres favoris.
Boucher, Greuze et Moureau

Mes héros dans la vie réelle.
C'est quoi la vie réelle? hmmm Arnaud Klarsfeld! Non j'déconne...

Mes héroïnes dans l'histoire
Libuše! Comment ça elle n'a pas existé! T'as des preuves?

Mes noms favoris.
Comme Proust, je n'en ai qu'un à la fois, si si je vous assure...

Ce que je déteste par-dessus tout
Finir un repas sans café...

Personnages historiques que je méprise le plus.
Napo, Frédéric II et Lamartine

Le fait militaire que j'admire le plus.
Oser un premier baiser

La réforme que j'estime le plus.
L'abolition de la peine de mort par Badinter, vu le contexte...

Le don de la nature que je voudrais avoir.
Celui de percer ses arcanes, mon côté alchimiste...

Comment j'aimerais mourir.
aimé

État présent de mon esprit.
envienné

Fautes qui m'inspirent le plus d'indulgence.
Les miennes...

Ma devise.
Mes idées sont mes catins

20 octobre, 2007

Henri Guaino, cet homme qui parle d'histoire...

Ce matin, un ami à attiré mon intention sur quelques déclarations d'Henri Guaino, conseiller de Nicolas Sarkozy, lequel conseiller peste contre ces profs qui refuse de lire la lettre de Guy Môquet en classe de seconde. L'argument employé par Guaino est assez simple et étonnat:"Je ne comprends pas, l'école, ce n'est pas un self-service. Le gouvernement a décidé que c'était un document intéressant. Il demande aux professeurs de le lire". Le gouvernement décide, ses fonctionnaires s'exécutent. Voilà le fonctionnement normal d'un Etat. Certes, mais quelle légitimité a Henri Guaino de traiter en matière d'histoire, de décider de ce qui est interressant ou non, surtout après l'affligeant discours de Dakar sorti de sa plume et prononcé par Nicolas Sarkozy. Pour Henri Guaino, la contestation de son choix "amène à s'interroger sur ce que doivent être au fond à la fois l'éthique et les devoirs d'un professeur dont la nation a payé des études, dont la nation paie le salaire et auquel la nation confie ses enfants".

L'éthique d'un professeur est d'agir selon sa conscience et non selon la volonté de la bourse qui le fait manger. L'éthique d'un profeseur est de donner à ses élèves les moyens de penser par eux-mêmes, de ne pas prendre pour incontestable ce qui est dit et écrit. L'éthique d'un professeur est de ne pas se limiter à ses intérêts individuels mais d'agir en accord avec ce qu'il perçoit de la Vérité, qui donne sens à sa vie et à son enseignement, et si celà doit passer par le non respect d'une directive ou d'un programme, cela ne doit pas être un problème sauf à vouloir justement signifier que son éthique ne vaut rien. La vertu est d'être en accord avec l'éthique et la Vérité, non avec la loi.

Les déclarations ignares de Guaino et de son porte-parole Nicolas Sarkozy en matière d'histoire rend plus urgent encore la nécessité de protéger la science du politique et de la tentation du politique de légiférer en matière d'histoire, des parlementaires de s'octroyer le droit et surtout la compétence de pouvoir dire ce qui est vrai et ne l'est pas, d'empêcher le débat en figeant la réalité officielle par la loi, de réduire l'histoire au préjugé mémoriel. Que Guaino se permette de trouver interessant pour des cours d'histoire un document plutot qu'un autre, revient à autoriser le politique à choisir les sources des historiens et demain les thèmes et le sens de leur recherche. Faut-il encore rappeler que Guaino n'a aucune légitimité démocratique pour s'exprimer en tant que représentant de l'Etat?

16 septembre, 2007

Le forum des démocrates: une orientations pour le Modem

voici une intervention très interessante de François Bayrou sur la naissance du Modem, une rétrospective sur les alliances de l'UDF depuis 1981, sur la nécessité de son indépendance et le sens que veut donner le Mouvement démocrates à son action.
A vos commentaires.... partez!



Parlons franc: voici une belle autocritique de l'UDF, de son action, mais pas un reniement de son héritage de mouvement politique clairement à droite. Peut importe, nous ne lui demandons pas de le renier. Comme souvent, il sait régler ses comptes et remettres partenaires à leur place, corrigeant l'ingratitude d'un député et la virulence déplacée d'un militant, j'y ai assisté. "J'aime beaucoup les alliances quand c'est moi le chef" a-t-il du mal à retenir, mais cela est-il compatible avec la liberté de vote qu'il garantit à ses élus et militants. "Nous sommes indépendants" ensemble, mais individuellement? "Prenez vos responsabilités", je crois que finalement tout est là, la liberté est peut être plus une crainte de militant d'en avoir trop que de cadre d'en trop donner. "Dernier point, et le seul qui compte, le seul point majeur: il y a une chose qui n'est pas négociable, c'est qu'une fois pour toute nous sommes indépendants, et être indépendant c'est-à-dire que l'on peut regarder avec bienveillance d'un côté et de l'autre". Les leçons sont retenues, et le message est bien passé.

15 septembre, 2007

Chabal: cet imbécile heureux qui est né quelque part...

J'ai trouvé cette vidéo sur le blog de Criticus , et j'avoue avoir mis un petit temps avant de reprendre mes esprits



J'avais déja des doutes sur les valeurs que le XV de France proposait pendant cette coupe du monde, et les propos de Chabal ne font que me conforter, même si je ne doute pas qu'ils fassent plaisir au CSA. "Je suis en France donc vous me parlez en français", je ne comprends pas fondamentalement la logique, car celle-ci implique de refuser de dialoguer avec toute personne ne parlant pas cette langue et pourtant présente sur le territoire de la République. Ces propos ne sont pas sans conséquence, il faut aller au bout de la logique qu'ils induisent, à savoir le refus du cosmopolitisme, le repli sur soi, le refus de l'altérité, ce qui de la part d'un homme vivant une partie de son temps en Angleterre et plus particulièrement dans la babylonienne Londres peut paraître surprenant... Certes vivre à Londres pour se remplir les poches ne signifie pas que l'on épouse le modèle de société de celle-ci, mais Chabal se comporte ici comme un vulgaire franchouillard de bas étage. On adapte sa langue selon son interlocuteur et non selon l'endroit où l'on se trouve, qui plus est lorsque l'on prend la parole dans le cadre d'un événement mondiale comme l'est une coupe du monde... Chabal ici ne défend rien, ni la France, ni la froncophonie, il humilie autant le journaliste qui l'interroge qu'il rend honteux les francophones de sa conduite. Bref aucune fierté là-dedans, pas même un brin de dignité chez Chabal, juste de l'arrogance, de la médiocrité et de la bétise. Décidément, ce XV de France ne me plait vraiment pas...


C'est vrai qu'ils sont plaisants tous ces petits villages
Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités
Avec leurs châteaux forts, leurs églises, leurs plages
Ils n'ont qu'un seul point faible et c'est être habités
Et c'est être habités par des gens qui regardent
Le reste avec mépris du haut de leurs remparts
La race des chauvins, des porteurs de cocardes
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Maudits soient ces enfants de leur mère patrie
Empalés une fois pour toutes sur leur clocher
Qui vous montrent leurs tours leurs musées leur mairie
Vous font voir du pays natal jusqu'à loucher
Qu'ils sortent de Paris ou de Rome ou de Sète
Ou du diable vauvert ou bien de Zanzibar
Ou même de Montcuq il s'en flattent mazette
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Le sable dans lequel douillettes leurs autruches
Enfouissent la tête on trouve pas plus fin
Quand à l'air qu'ils emploient pour gonfler leurs baudruches
Leurs bulles de savon c'est du souffle divin
Et petit à petit les voilà qui se montent
Le cou jusqu'à penser que le crottin fait par
Leurs chevaux même en bois rend jaloux tout le monde
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

C'est pas un lieu commun celui de leur connaissance
Ils plaignent de tout cœur les petits malchanceux
Les petits maladroits qui n'eurent pas la présence
La présence d'esprit de voir le jour chez eux
Quand sonne le tocsin sur leur bonheur précaire
Contre les étrangers tous plus ou moins barbares
Ils sortent de leur trou pour mourir à la guerre
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Mon dieu qu'il ferait bon sur la terre des hommes
Si on y rencontrait cette race incongrue
Cette race importune et qui partout foisonne
La race des gens du terroir des gens du cru
Que la vie serait belle en toutes circonstances
Si vous n'aviez tiré du néant tous ces jobards
Preuve peut-être bien de votre inexistence
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

13 septembre, 2007

Le (ridicule) retour du déclin...

Je prends en ce moment un malin plaisir à parier contre la France. Après avoir mis ma petite pièce sur les larmes retenues de l'équipe de rugby argentine, j'ai été hier attiré par la côte de l'équipe de foot écossaise, il faut croire que ma vénalité est payante. Pourtant, deux défaites de deux équipes nationales françaises et voilà que l'on parle de nouveau ici et là de déclin de la France qu'on essaie de l'évaluer: la production du fromage corse passe encore mais alors pour la balance commerciale rien ne va plus. Et puis c'est pas la faute à l'Euro - ce qui est vrai - regardez en Allemagne les producteurs de pièces détachées pour machines industrielles sont aux anges. Sans compter bien entendu que l'on rogne sur les sacro-saints régimes spéciaux. Bref rien ne va plus. Un peu plus et on dépose le bilan. Mais tout celà a-t-il vraiment un sens? Mon anti-patriotisme vénal des paris sportifs est-il une pure provocation ou bien dit-il autre chose? Je ne suis pas bien convaincu que nous devons continuer à évaluer les performances d'une société à travers un cadre nationale dépassé dans bien des cas. S'il y a déclin ce n'est peut être pas tant celui de la France que des cadres nationaux, qui ont vécu leur temps et qui dans leur ensemble sont inappropriés pour rendre compte de la réalité de la vitalité d'une société. L'idée de déclin ne convient pas à une société. Les sociétés se transforment et s'adaptent, mais ne déclinent pas. Simple hypothèse et affaire à suivre...

12 septembre, 2007

Recette: Mezzalune au pecorino sarde

Depuis que j'ai enménagé dans ce nouveau quartier, je redécouvre grâce au petit traiteur italien du coin les saveurs du pecorino goûté pour la premiere fois il y a un an à Naples. Ce fromage au lait de brebis connaît une diversité de préparation. Aujourd'hui voici le pecorino sarde et une petite recette de ma composition pour le cuisiner.


Pour deux personnes:
- Pecorino sarde en copeaux bien affiné
- mezzalune fraiche fourrées à la tomate et au basillique
- 12 fines tranches de saucisson des Abruzzes
- 4 tomates moyennes

Recette:
- pêler les tomates, les vider, les couper en petits morceaux et les faire suer dans une poelle
- faire cuire les mezzalune
- les tomates réduites presque à sec, ajouter les tranches de saucisson
- mélanger
- ajouter les mezzalune une fois al dente
- mélanger et laisser compoter une minute
- dresser
- ajouter les copeaux de pecorino sarde
- une pincée de basilique
- servir accompagner d'un verre de Cannonau

08 septembre, 2007

Don't cry for me Argentina...

Ma rue, celle ou j'ai enménagé depuis un mois, s'est mise ces derniers jours aux couleurs de l'équipe de France de rugby. Les restaurants et les bars ont couvert leurs façades des devantures bleu horizon sur lesquelles posent en héros publicitaires de Nike les joueurs du XV de France: Ibanez, Chabal, Dominici... Au dessus de la ruelle, et tout au long de celle-ci, ont été dressés des maillots grand-format de l'équipe de France et certains de mes voisins ont poussé le chic jusqu'à dresser des drapeaux sur leur balcon. Bref ça chante, ça marseillaise à tout va et l'atmosphère est même plutot sympa dans son chauvinisme. Seulement voilà, ce soir le match d'ouverture de la Coupe du monde entre la France et l'Agentine n'a pas donné le résultat attendu. Les Pumas, les larmes aux yeux pendant leurs hymnes n'ont rien laché et on finit par l'emporté. J'ai poussé mon manque de patriotisme par me laisser toucher par l'émotion des fiers gaillards de la Pampa, et avant le coup d'envoie, j'ai misé ma petite pièce sur un site de paris bien connu. Preuve, s'il en est, que le préjugé patriotique ne paie pas, l'Argentine n'aura pas ce soir à pleurer pour moi.
Et nah! même pas honte...

07 septembre, 2007

05 septembre, 2007

Les valeurs de l'Ovalie reniées par le XV de France?


Les embruns nauséabonds qui ont frappé le 300 de Zack Snyder ont touché la France... Les rugbymen du XV de France ont en effet décidé de reprendre à leur compte le cri de guerre des soldats spartiates dans l'adaption récente de la BD de Frank Miller. Que le sport d'équipe soit une métaphore assumée de la guerre est une chose, mais tout dépend aussi de pour quoi ont fait la guerre. L'identification à la société spartiate est plus que douteuse. La cité de Sparte qui dominait la Grêce du Veme siècle est une société eugéniste "où les armes font les hommes", profondément inégalitaire, xénophobe et violente. Nous sommes bien loin ici des vlareus revendiquées généralement par l'Ovalie...


Mais plus encore qu'à Sparte, c'est au film de Snyder que le XV de France se réfère, film qui voile à peine la stigmatisation de l'orient Perse, dénonçant le cosmopolitisme comme une dégénérescence et qui fait de la patrie et de la pureté du sang l'idéal son horizon d'attente. La solidarité des Spartiates de Snyder est celle d'une société mysogine qui veut la guerre et non la diplomatie, qui n'existe qu'entre les hommes "parfaits" qui n'ont pas été exécuté à leur naissance pour une doigt trop long ou un grain de beauté de trop, et dont l'initiation passe par le massacre des ilotes, esclaves cultuvant la terre hors de la cité, c'est-à-dire hors de l'espace vécu comme civilisé...


Bien entendu le XV de France pêche par ignorance de tout celà, bien entendu tout cette symbolique lui échappe, mais il n'en est pas moins que le film de Snyder a fait son oeuvre en suscitant la banalisation d'une violence reposant sur des valeurs détestables, une vision du monde biaisée et le préjugé patriotique. Cependant, aux thermopyles, ce sont les Perses qui l'ont emporté...

28 août, 2007

Ignare!!!



Contrairement au titre qui a été donné à cette vidéo, ce discours de Sarkozy n'est pas raciste, c'est juste celui d'un ignare qui fait de l'anthropologie de comptoir. Tout d'abord, "l'homme africain" n'existe pas, le singulier est ici ridicule tant sont diverses les cultures africains et les réalités africaines. Par ailleurs, les Africains sont entrés dans l'histoire en même temps que n'importe qui... l'histoire de l'Afrique ne commence pas avec les grandes découvertes de la Renaissance, et l'ignorance des Européens à son égard ne présuppose en rien l'absence de cette histoire. Sarkozy fait de l'orientalisme, ou plutot de l'africanisme, il décrit un société traditionnelle à partir d'arguments classiques aussi valables pour l'Europe de l'Ancien Régime... Cependant les sociétés africaines savent s'adapter, se moderniser, se confrontent à la réalité et ne sont en rien figées. En Afrique comme ailleurs, la notion de progrès est relative, dépends des intérêts de ceux à qui ce "progrès" rapporte. J'éprouve devant cette vidéo la même impression que celle que j'avais ressenti devant une discussion que le candidat Sarkozy avait eu avec Michel Onfray. Je posais alors la question de savoir si les propos de Sarkozy étaient cons ou salauds, c'est-à-dire s'il y croyait vraiment ou s'il flattait le connard dans le sens de ses préjugés. J'incline de plus en plus à prendre cet homme pour un ignare, ce qui est moins rassurant que de le penser comme un salaud...

à lire: Denis RETAILLE, "Frantasmes et parcours africains", L'information géographique, mai 1998

27 août, 2007

Escapade dalmate

Zadar







Sibenik






Split






Dubrovnik






13 août, 2007

Mostar et son ambigue devoir de mémoire


J’ai recherché sur les sites habituels de vidéos de quoi illustrer mon billet sur Mostar, mais tout ce que j’y ai trouvé ce sont des montages de photos partisans et douteux ou des leçons de mémoire. Même les photos que j’édite ici sont discutables, à la fois produits des restes de la culture télévisuelle d’un adolescent qui entendait parler d’un vieux pont en pierre et d’une guerre là-bas dans les Balkans. Je n'ai finalement vu à Mostar que ce que je voulais trouver. Depuis la Croatie, on entre en Bosnie par la vallée de la Neretva, ou plutôt, on vous y laisse passer, quand on veut bien, une fois que l’on est bien certain de tout un tas de choses qui nous échappent et que l’on met sur le dos de l’après guerre a été vérifié. En Bosnie aussi on découvre que l’après-guerre peut être plus longue que la guerre et qu’il est peut-être plus difficile encore d’en sortir.

La frontière passée, Mostar n’est pas loin, à une quarantaine de kilomètres. La ville est grande, quelque chose comme 112 000 habitants. On traverse d’abord des vignes proprement alignées, aux grappes noires et lourdes. On les gouterait volontiers. Viennent en suite des maisons en construction, toutes au même stade, sans trop savoir si la ville prospère ou si les chantiers sont en train d’en rester là. Moins ambiguës sont les cimetières musulmans qui bordent la route. On finit par se demander quand on va en sortir. Les secondes sont longues quand on traverse un cimetière en bus. Les pierres sont encore toutes blanches, presque neuves, beaucoup portent les mêmes dates : 1991, 1992, 1993… On arrive donc prévenu dans le vieux Mostar.

Les immeubles en ruines attirent le regard, criblés encore d’impacts d’obus et de balles. A coté d’eux se dressent de nouveaux et beaux bâtiments, souvent dans un style oriental. Quelques rues bordent la Neretva, elles sont neuves elles aussi, refaites « comme avant », "alla turca", avec leurs mosquées nombreuses et bien entendu le vieux pont (stari most). Lui aussi est en pierres qui n’ont pas eu le temps de vieillir, blanches, propres et glissantes. L’UNESCO a reconstruit la ville "à l’identique", comme si rien ne s’était passé, alors qu’une pierre et un éclat d’obus nous demandent à la sortie du pont de ne pas oublier. Paradoxe de l'après-guerre où il s'agit de savoir s'il faut construire ou recontruire...


Tout autour du pont on vend beaucoup de choses, on ne vend pas grand chose : des services à café et à thé de tout genre, quelques bougies, des pipes à eau… Au fond d’une caverne s’est installé un petit bar du nom d’Ali Baba, on vous sert la même chose que partout ailleurs en Europe, pas de café turc, l’ambiance "mille est une nuit" est proprement décorative. Plus bas un petit resto le long de la rivière nous attire avec une petite odeur de viande grillée. La terrasse est abritée par des parassols ventant la bière de Sarajevo, sauf qu’ici on ne vend pas d’alchool… Mostar développe aussi une image qu’elle donne à voir aux touristes, consciente encore que l’après-guerre attire au moins autant que l’héritage que l’on dit « culturel ». Pourtant la ville également se fait familière à ses visiteurs, accepte les euros, les clichés orientalistes et les parassols que dans une autre terre d’Islam on brûlerait.

On croise des soldats italiens l'appareil photo à la main, des types en maillot de bain qui sautent du pont, ou alors attendent qu'il y ait suffisament de public féminin pour le faire. Sur les présentoires des boutiques on vend le nouveau vieux pont à toutes les sauces, gravé sur un service à café en cuivre, en miniature de pierre, dans une boule à neige. Il y a même près du pont à dos d'âne un bar lounge en plein air pour acceuillir les touristes bobos venus de Dubrovnik (heu... je venais de Dubrovnik..., pire encore, de Babin Kuk...). Une impression assez indécente me taquine. On dirait que l'après-guerre fait vendre. Je m'en veux un peu de penser ça, mais... Mais dans quelle mesure ne vend-t-on pas à Mostar ce que l'on vend ailleurs, c'est-à-dire ce que les touristes viennent chercher, soit de la guerre et de la repentance, mode du devoir de mémoire oblige...?


On pourrait voir que le site est remarquable, la Neretva limpide, et la promenade agréable, mais on vient voir surtout qu'un mortier peut projeter bien loin ses obus depuis les colines, que le vieux pont est de nouveau au dessus du fleuve et qu'il y a des impacts de balles un peu partout suis les ruines. Ne nous y trompons pas, ce n'est pas seulement ce que l'on voit, c'est aussi ce que l'on est venu voir, ce à quoi nous avons été préparé, à peut près ce à quoi nous nous attendions, ce qu'on nous demande de ne pas oublier. J'ai été à Mostar un touriste d'après-guerre, une après guerre qui durera tant qu'elle sera plus profitable que la "paix", tant que l'on viendra à Mostar pour se souvenir et que les impacts de balles nous impressioneront plus que les charmes Balkans.