12 décembre, 2006

Une réunion pas comme les autres...

Une conférence un peu spéciale s'est tenue aujourd'hui à Téhéran sous l'égide du président iranien et qui rassemblait à coté des fantatiques musulmans des membres du KKK et des fondamentalistes juifs refusant l'existence de l'Etat d'Israël. La conférence portait de fait sur la remise en cause de l'existence de "l'holocauste des juifs" pendant la Seconde Guerre mondiale.
J'ai déjà exprimé ici ma position sur l'engagement de l'Etat en matière de sciences, et je refuse tout autant que le président iranien ou l'Assemblée nationale s'en mêlent. C'est une question de principe, d'indépendance scientifique, mais vous savez déja tout ça. Si une réponse doit être donnée sur une question scientifique, c'est aux scientifiques de la donner, voici donc quelques point établis par les historiens:

- tout d'abord le terme d'holocauste venu de l'historiographie anglosaxonne est impropre. Un holocauste est une cérémonie sacrificielle grecque et à moins de trouver une dimension eschatologique de signification identique à la Shoah, le rapport me paraît difficile à établir.

- la Shoah est un génocide, c'est à dire le résultat d'une volonté d'exterminer les individus appartenant à un groupe dit "éthnique" homogène

- la Shoah a eu lieu, nous avons les actes témoignant de son organisation administrative et la réalité des massacres est attestée dans les différents centres d'extermination, mais aussi sur le front par les témoignagnes des membres même des Einsatzgruppen. Je ne peux renvoyer ici qu'aux membres de l'Institut d'histoire du temps présent et à leur colloque sur "cultures et guerres" qui a fait la joie des agrégatifs il y a peu...

- oui la Shoah comme tout événement historique peut être discutée, mis en cause, réévaluée, mais celà doit être fait à partir de sources, et ici aucune sources nouvelles ne nous permet de le faire, rien ne nous permet de critiquer les sources que nous utilisons pour affirmer qu'elles ne sont pas valides.

Voilà quelques points qu'il était pour moi important de préciser. Seule la rigueur scientifique de l'historien peut permettre ce genre de mises en cause, et pour le cas de la Shoah, cette rigeur atteste de l'événement et de son ampleur. Je tiens aussi à ajouter qu'il n'appartient pas à un scientifique d'émettre un jugement moral sur tel ou tel événement ou phénomène, et qu'il faut savoir que lorsqu'un Etat affirme légiférer en matière d'histoire ou s'investir dans l'histoire, il ne fait pas de l'histoire mais il construit une mémoire, ce qui est bien différent.

petite invitation bibliographique




Annette Wieviorka,
− Auschwitz expliqué à ma fille, Paris, Seuil 1999
− Déportation et génocide, Paris, Hachette, 2003
− Le procès de Nuremberg, Paris, Liana Levi, 2006

3 commentaires:

VavadesNeiges a dit…

ça me touche beaucoup .. et personnellement ...
je crois que maman l'a lu
toda !

Anonyme a dit…

Tout d'abord je pense et je suis toute á fait persuadée qu'on ne peut pas questionner le holocaust et nous ne pouvons pas nous permettre refuser son existance.
On ne peut pas déclarer"ex cathedra" l'inexistance de l'événement, de l'acte le plus honteux du XXeme siecle. La chose la plus dégoutante au monde entier c'est différer quelqu'un á cause de sa religion, de son origine, de sa race, le couleur de son peu...

Mais quand meme on ne peut pas surprendre quant á cette réunion á Teheran. Je pense effectivement que c'est une simple vengeance des musulmans fanatiques qu'ils refusent l'existance de holocaust".
On peut comprendre l'autre coté aussi, non pas le refuse d'holocaust, sinon ces fundamentalistes ont assez de l'influance et la politique d'Israel(un état artificiel crée par les américaines) et des États-Unis.
C'est vrai qu'on ne peut pas en meler, mais demande-je pourquoi Israel et les États Unis peuvent se permettre et "achetent un courage" de meler dans la chose des palestiniens et ils essaient de déterminer tout au monde entier immodérément.Mon avis est que les israeliens ne sont pas capables de vivre en paix á coté des palestiniens et c'est pour cela on peut comprendre l'autre coté aussi que les musulmans veulent riposter...Mais ce n'est pas la bonne résolution, pas la négotion de holocaust....
D'ailleurs,c'est vrai que l'expression holocaust est une expression anglosaxonne et c'est aussi vrai que le mot vient originalement de la langue grecque(holos signifie "tout" et kaustos c'est "brulée")mais ca ne signifie pas que c'était une cérémonie toute á fait grecque. Non, juste au contraire et je pense que c'est vraiement intéressant. C'était une cérémonie sacrificielle présentée dans Jerusalem Antique par les juifs oú le sang de l'animal(agneau)a été arrosé á l'autel de l'église et apres le pauvre :-) a été mis au feu.Cette sacrifice a été présentée en générale 2 fois par jours mais surtout pendant les fetes juifs.Ce n'était que le mot plus tard utilisé et repris par les antiques grecs.
J'espere beaucoup que mon commentaire ne va pas causer une explosion parmi les lecteurs, car ce sujet est un peu sensible, c'était seulement une opinion.Je n'appartiens ni á l'un ni á l'autre coté mais je pense qu'il faut écouter tous les 2 cotés pour créer une opinion objective.

(F.H)Magyar lány

Papageno a dit…

Je refute pour ma part le terme d'holocaust comme je pense que vous l'avez compris. Que la conférence soit politique ne fait aucun doute, la mémoire l'est toujours, c'est ce qui la différencie de l'histoire. Maintenant les Israéliens d'aujourd'hui ne sont en rien responsables de l'hatitude iranienne à leur égard... Je tiens par ailleurs à préciser que tous les israéliens ne sont pas juifs... Par ailleurs, on peut bien entendu être antisioniste sans être antisémite, et un conflit est toujours le fait d'une responsabilité partagée par tous ses protagonistes et non par un seul.