29 novembre, 2006

Musicaguénade: en attendant le 11...

musicaguénade: voi sapete quel che fa

Excellent ce Leporello!

Cet aria a beaucoup torturé les esprits des mozartiens, la légende veut que Da Ponte, ayant été retenu à Vienne alors que Mozart répétait sa première de Don Giovanni au Théâtre Nostic de Prague, ait demandé à son ami un certain Giacomo Casanova de le représenter auprès du compositeur. Aussi, beaucoup on vu dans ce "Catalogo" un avant gout de "L'histoire de ma vie" qui nous laisse aujourd'hui le courtisan vénitien. A vrai dire, il est difficile de trancher, la patte de Da Ponte est évidente lorsque l'on est un peu habitué à ses textes, mais qui sait... ce magnifique aria n'en est il pas en fait plus beau si l'on s'imagine que Casanova l'a retouché? Quoiqu'il en soit, voi sapete quel che fa...

Madamina, il catalogo è questo
Delle belle che amò il padron mio;
un catalogo egli è che ho fatt'io;
Osservate, leggete con me.
In Italia seicento e quaranta;
In Almagna duecento e trentuna;
Cento in Francia, in Turchia novantuna;
Ma in Ispagna son già mille e tre.
V'han fra queste contadine,
Cameriere, cittadine,
V'han contesse, baronesse,
Marchesine, principesse.
E v'han donne d'ogni grado,
D'ogni forma, d'ogni età.
Nella bionda egli ha l'usanza
Di lodar la gentilezza,
Nella bruna la costanza,
Nella bianca la dolcezza.
Vuol d'inverno la grassotta,
Vuol d'estate la magrotta;
È la grande maestosa,
La piccina e ognor vezzosa.
Delle vecchie fa conquista
Pel piacer di porle in lista;
Sua passion predominante
È la giovin principiante.
Non si picca - se sia ricca,
Se sia brutta, se sia bella;
Purché porti la gonnella,
Voi sapete quel che fa.

Jujuguénade

Attrapez le livre le plus proche, allez à la page 18 et écrivez la 4ème ligne:
"repos, la fuite en avant dans de nouvelles aventures"
Mémoires de Lorenzo Da Ponte, préface

Sans vérifier, quelle heure est-il ?
21h10

Vérifiez.
22h22

Que portez-vous ?
ma légèrete

Avant de répondre à ce questionnaire, que regardiez-vous ?
Le blog de Julien

Quel bruit entendez-vous à part celui de l'ordinateur ?
D'abord j'ai un Mac alors il ne fait pas de bruit et ma voisine mais, chuuuuuuuuut... je crois qu'elle a changé de mec

Quand êtes-vous sorti la dernière fois, qu'avez-vous fait ?
Hier soir, Une super soirée à l'auvergnate organisée par Mathieu

Avez-vous rêvé cette nuit ?
A une truffade...

Quand avez-vous ri la dernière fois ?
Il y à 5 minutes avec Naïma

Qu'y a t'il sur les murs de la pièce où vous êtes ?
Praha

Si vous deveniez multimillionnaire dans la nuit, quelle est la première chose que vous achèteriez ?
La Cour de Rohan

Quel est le dernier film que vous ayez vu ?
Scoop...

Avez-vous vu quelque chose d'étrange aujourd'hui ?
Un étudiant ça compte?

Que pensez-vous de ce questionnaire ?
Pas assez audacieux pour l'heure

Dites-nous quelque chose de vous que ne savons pas encore :
Je me rend compte que finalement ce questionnaire est audacieux

Quel serait le prénom de votre enfant si c'était une fille ?
Dans l'absolu vous voulez dire? un trip du genre Sybille ou Arsinoé

Quel serait le prénom de votre enfant si c'était un garçon ?
Joseph bien entendu, voyons...

Avez-vous déjà pensé vivre à l'étranger ?
Oh oui

Que voudriez-vous que Dieu vous dise lorsque vous franchirez les portes du paradis ?
"Ah non pas lui!!!"

Si vous pouviez changer quelque chose dans le monde en dehors de la culpabilité et la politique, que changeriez-vous ?
La wifi à la Sorbonne

Aimez-vous danser ?
Je suis un pro de Scaterlings of Africa

Georges Bush ?
Cadok?

Quelle est la dernière chose que vous ayez regardée à la télévision ?
Kaamelott, quoi d'autre?

Quelles sont les 4 personnes qui doivent prendre le relais sur leur blog ?
Tamino, Pamina, Papagena et Sarastro

26 novembre, 2006

Sophie, Diderot, et moi...

Cette lettre de Denis Diderot à Sophie Volland datée du 7 juin 1759 suit la publication de la Lettre à M. d'Alembert de JeanJacques Rousseau... Ce pièce est peut être l'une des plus belles et des plus justes sur l'amour que les Lumières nous ont léguées...

à Anne et à son Aurélie...


" Voilà, ma tendre et solide amie, l'ouvrage du grand sophiste - Rousseau. Je ne l'ai pas lu, je ne m'en sens pas encore l'âme assez tanquille pour en juger sans partialité. Il vaut mieux différer une action que de hâtter de commettre une injustice. Méfiez-vous aussi de votre coeur, et craignez que le mécontentement de la personne n'aille jusqu'à l'hauteur. Ecoutez-le comme si je n'avais pas à me plaindre de lui.
On peut donc ête éloquent et sensible, sans avoir ni principes d'honneur, ni véritable amitié, ni vertu, ni véracité! cela me fâche bien. Si cet homme n'a pas un système de dépravation tout arrangé dans sa tête, que je le plains; et s'il s'est fait des notions de justice et d'injustice qui le reconcilient avec la noirceur de ses procédés, que je le plains encore! Dans l'édifice moral tout est lié. Il est difficile qu'un homme écrive sans cesse des paradoxes, et qu'il soit simple dans ses moeurs.
Regardez en vous-même, ma Sophie; et dites-moi pourquoi vous etes si sincère, si franche, si vrai dans vos discours? C'est que ces mêmes qualités sont la base de votre caractère et la règle de votre conduite. Ce serait un phénomène bien étrange qu'un homme pensant et disant toujours mal, et se conduisant toujours bien. Le dérangement de la tête influe sur le coeur, et le dérangement du coeur sur la tête. Faisons en sorte, mon amie, que votre vie soit sans mensonge. Plus je vous estimerai, plus vous me serez chère. Plus je vous montrerai de vertus, plus vous m'aimerez. Combien je redouterai le vice, quand je n'aurai pour juge que ma Sophie. J'ai élevé dans son coeur une statue que je ne voudrais jamais briser. Quelle douleur pour elle, si je m'en rendais coupable d'une action qui m'avilît à ses yeux! N'est-il pas vrai que vous m'aimerez mieux mort que méchant? Aimez-moi donc toujours, afin que je craigne toujours le vice. Continuez de me soutenir dans le chemin de la bonté. Qu'il est doux d'ouvrir ses bras, quand c'est pour y recevoir et pour y serrer un homme de bien. C'est cette idée qui consacre les caresses; qu'est-ce que les caresses des deux amants, lorsqu'elles ne peuvent être l'expression du cas infini qu'ils font d'eux-mêmes? qu'il y a de petitesse et de misère dans les transports des amants ordinaires! qu'il y a de charme, d'élévation et d'énergie dans nos embrassements! Venez, ma Sophie; venez. Je sens mon coeur échauffé. Cet attendrissement qui nous embellit, va paraître sur ce visage. Il y est; ah que n'etes vous à coté de moi pour en jouir. Si vous me voyiez dans ce moment que vous seriez heureuse! que ces yeux qui se mouillent, que ces regards, que toute cette physionomie serait à votre gré. Et pourquoi s'opiniâtrent-ils à troubler deux êtres, dont le ciel se plaisait à contempler le bonheur? Ils ne savent pas tout le mal qu'ils font, il faut leur pardonner."

Le Tokaji: roi des vins, vin des rois



Connaissez vous le Tokaji, ce vin blanc délicieusement sucré et liquoreux que Louis XIV a cons&cré du titre de "roi des vin, vin des rois"? Le sépage est bien entendu alsacien, mais le terroir est hongrois. Les premier pied ont été planté au bébut du XVIe siècle dans le domaine des Garay sur les bords de la Tisza. Les terres ayant été rachetées par les princes de Transylvanie, le vin constitua au XVIIe et XVIIIe siècle un oibjet de propagande politique pour Bethlem Gabor ou François Rakoczy. En célébrant le délicieux Tokaji, c'est d'une certaine manière la Transylvanie que Louis XIV célèbre contre les Hongrois d'Autriche.



La robe ambrée du Tokaji est déjà un plaisir pour les yeux, un petit bijou posé sur une table un printemps à la terrasse d'un café de Buda, ou sur les bords du Danube à Pest. Ma première expérience remonte à l'été 2001, découverte à vrai dire de toute un gastronomie hongroise, découverte aussi de toute une cuisine centre européenne pas si bourrue qu'on ne le pense et pas si simpliste non plus... A l'intérieur d'un petite cour, un filet de Dinde aux amandes servi avec un riz compoté de pèches... un verre de Tokaji pour commencer...
Alors voilà, pourquoi ce lyrisme soudain pour ce vin là...? parce qu'il me restait une bouteille dans la cave de mon grand-père et que je viens de la lui faire sortir... Parce que c'est vrai que j'avais oublié a quel point ce vin était beau à regarder, parce que Solenne l'avais apprécié avec moi, et parce qu'il ira très bien en apéritif de la Truffade de Mathieu mardi soir.
Alors voilà, si vous tombez un jour sur un Tokaji ne vous posez pas la question essayez le. Je vous recommande surtout le doux "Aszu" dont la qualité est évaluée en étoiles, "puttonyos" allant de une à six. En terme de cuvée préférez celles de 1996 et de 1999, la dernière confinant à l'excellence... Une petite visite sur le site officiel de ce vin vous en dira de toute façon beaucoup plus que je peux le faire et beaucoup mieux aussi.
http://www.tokaji.hu

21 novembre, 2006

Al Pacino: une confession, vraiment?

Confession véritable ou jeu de scène? voilà une belle question pour les élèves de l'Actor's studio... A vous de vous faire votre avis et de le laisser ici...

Banalisation ou domestication de la peur?


L'ironie n'est-elle pas la meilleure arme contre la Terreur?

20 novembre, 2006

Incomparable...

Et dire que j'avais oublié ce petit trésor...

antisegogénage: qui a un problème avec Ségolène?

Divin Diderot: à quelques amies qui l'apprécieront comme tant d'autres j'espère...

Ayant eu ce genre de conversation avec quelques jeunes filles ces derniers jours, je crois que ce petit dialogue du divin DIderot mérite d'être relu...

BORDEU: Pourriez-vous m'apprendre quel profit ou quel plaisir la chasteté et la continence rigoureuse rendent soit à l'individu qui les pratiques, soit à la société?

MLLE L'ESPINASSE: Ma foi, aucun.

BORDEU: Donc, en dépit des magnifiques éloges que le fanatisme leur a prodigué, en dépit des lois civiles qui les protègent, nous les rayerons du catalogue des vertus, et nous conviendrons qu'il n'y a rien de si puéril, de si ridicul, de si absurde, de si nuisible, de si méprisable, rien de pire, à lexception du mal positif, que ces deux rares qualités...

MLLE L'ESPINASSE: On peut accorder cela.

BORDEU: Prenz-y garde, je vous en préviens, tout à l'heure vous reculerez.

MLLE L'ESPINASSE: Nous ne reculons jamais.

BORDEU: Et les actions solitaires?

MLLE L'ESPINASSE: Eh bien?

BORDEU: Eh bien, elles rendent du moins du plaisir à l'individu, et notre principe et faux, ou...

MLLE L'ESPINASSE: Quoi, docteur!...

BORDEU: Oui, mademoiselle, oui, et par la raison qu'elles sont aussi indifférentes, et qu'elles ne sont pas aussi stériles. C'est un besoin, et quand bien on n'y serait pas sollicité par le besoin, c'est toujours une chose douce. Je veux qu'on se porte bien, je le veux absolument, entendez-vous? Je blâme tout excès, mais dans un état de la société tel que le nôtre, il y a cent considérations rraisonnables pour une, sans comter le tempérament et les suites funeste d'une continence rigoureuse, surtout pour les jeunes personnes; le peu de fortune, la criante parmi les hommes d'un repentir cuisant, chez les felles celle du déshonneur, qui réduisent une malheureuse créature qui périt de langueur et d'ennui, un pauvre diable qui ne sait à qui s'adresser, à s'expédier à la façon du cynique. Caton, qui disait à un jeune homme sur le point d'entrer chez un courtisane: "Courage, mon fils..." lui tiendrait-il le même propos aujourd'hui? S'il le surprenait au contraire, seul, en flagrant délit, n'ajouterait-il pas: cela est mieux que de corrompre la femme d'autrui, ou que d'exposer son honneur et sa santé?... Et quoi! parce que les circonstances me privent du plus grand bonheur que l'on puisse imaginer, celui de confondre mon sens avec les sens, mon ivresse avec l'ivresse, mon âme avec l'âme d'une compagne que mon coeur se choisirait, et de me reproduire en elle et avec elle; parce que je ne puis consacrer mon action par le sceau de l'utilité, je m'interdirai un instant nécessaire et délicieux! On se fait saigner dans la pléthore; et qu'importe la nature de l'humeur surabondante, et sa couleur, et la manière de s'en délivrer? Elles sont toutes aussi superflue dans une de ces indispositions que dans l'autre; et si, repompée de ses réservoirs, distribuée dans toute la machine, elle s'évacue par une autre voie plus longue, plus pénible et dangereuse, en sera-t-elle moins perdue? La nature ne souffre rien d'inutile; et comment serais-je coupable de l'aider, lorsqu'elle appelle mon secours par les syndrômes lesmoins équivoques? Ne la provoquons jamais, mais prêtons-lui la main dans l'occasion; je ne vois au refus et à l'oisiveté que de la sottise et du plaisir manqué. Vivez sobre, me dira-t-on, excédez-vous de fatigue. Je vous entends: que je me prive d'un plaisir; que je me donne de la peine pour éloignenr un autre plaisir. Bien imaginé!

MLLE L'ESPINASSE: Voilà une doctrine qui n'est pas bonne à prêcher aux enfants.

BORDEU: Ni aux autres. Cependant me permettez-vous une supposition? Vous avez une fille sage, trop sage, innocente, trop innocente; elle est dans l'âge ou le tempérament se développe. Sa tête s'embarasse, la nature ne la secours point; vous m'appellez. Je m'apperçois tout à coup que tous les symptômes qui vous effrayent naissent de la surabondance et de la rétention du fluide séminal; je vous avertis qu'elle est menacée d'une folie qu'il est facile de prévenir, et qui quelquefois est impossible à guérir; je vous indique le remède. Que ferez-vous?

MLLE DE L'ESPINASSE: A vous parlez vrai, je crois... mais ce cas n'arrive point...

BORDEU: Détrompez-vous; il n'est pas rare; et il serait fréquent, si la licence de nos moeurs n'y obviait... Quoi qu'il en soit, ce serait fouler aux pieds toute décence, attirer sur soi les soupçons les plus odieux, et commettre un crime de lèse-société que de divulguer ces principes. Vous rêvez.

MLLE L'ESPINASSE: Oui, je balançais à vous demander s'il vous était jamais arrivé d'avoir pareille confidence à faire à des mères.

BORDEU: Assurément.

MLLE L'ESPINASSE: Et quel parti ces mères ont-elles pris?

BORDEU: Toutes, sans exception, le bon parti, le parti sensé... Je n'ôterais pas mon chapeau dans la rue à l'homme suspecté de pratiquerma doctrine; il me suffirait quon l'appelât un infâme. Mais nous causons sans témoins et sans conséquence: et je vous dirai de ma philosophie ce que Diogène tout nu disait au jeune et pudique Athénien contre lequel il se préparait à luter: "Mon fils, ne crains rien, je ne suis pas si méchant que celui-là"

MLLE L'ESPINASSE: Doncteur, je vous vois arriver, et je gage...

BORDEU: Je ne gage pas, vous gagneriez. Oui Mademoiselle, c'est mon avis.

MLLE L'ESPINASSE: Comment! soit qu'on se renferme dans l'enceinte de son espèce, soit qu'on en sorte?

BORDEU: Il est vrai.

MLLE L'ESPINASSE: Vous êtes monstrueux.

BORDEU: Ce n'est pas moi, c'est ou la nature ou la société. Ecoutez, mademoiselle, je ne m'en laisse point imposer par des mots, et je m'explique d'autant plus librement que je suis net et que la pureté de mes moeurs ne laisse price d'aucun côté. Je vous demanderai donc, de deux actions également restreintes à la volupté, qui ne peuvent rendre que du plaisir sans utilité, mais dont l'une n'en rend qu'à celui qui la fait et l'autre le partage avec un être semblable mâmle ou femelle, car le sexe ici, ni même l'emploi du sexe n'y fait rien, en faveur de laquelle le sens commun prononcera-t-il?

MLLE L'ESPINASSE: Ces questions-là sont trop sublimes pour moi

BORDEU: Ah! après avoir été un homme pendant quatre minutes, voilà que vous reprenez votre cornette et vos cotillons, et que vous redevenez feme. A la bonne heure: eh bien! il faut vous traiter comme telle... Voilà qui est fait... On ne dit plus mot de Mme du Barry... Vous voyez, tout s'arrange; on croyais que la cour allait être bouleversée. Le maître a fait en homme sensé; Omne tulit punctum; il a gardé la femme qui lui fait plaisir, et le ministre qui lui est utile... Mais vous ne m'écoutez pas... Où en êtes-vous?

MLLE L'ESPINASSE: J'en suis à ces combinaisons qui me semblent toutes contre nature.

BORDEU: Tout ce qui est ne peut être ni contre la nature ni hors de nature, j'en excepte pas même la chasteté et la continence volontaire qui seraient les premiers des crimes contre nature, si l'on pouvait pêcher contre nature, et les premeirs des crimes contre les lois sociales d'un pays où l'on péserait les actions dans une autre balance que celle du fanatisme et du préjugé.

19 novembre, 2006

Musicagenades: Mai 40


avis à mes collègues de contempo: c'est l'objet en puissance d'une étude de document!

Petite leçon de philosophie: la bétise


Comment dire...? Pas mieux...

Musicagenade: Katie trip toute seule

Loretanska, Prague, aout 2006


Ces arcades vous disent peut-être quelques choses... elles sont parmi celles filmées par Milos Forman dans son très contestable mais non moins très beau Amadeus. Et oui, c'est bien Prague qui est filmé par le cinéaste et non Vienne. Situé dans les petites rue qui même au chateau si cher à Kafka, ces arcades protègent les passants comme elles protègeaient les marchands et les aristocrates lors des hivers rigoureux de Bohême quand ses derniers souhaitant se rendre à la Cour ou à la Diète. D'une certaine façon aussi, ces arcades privatisent l'espace publique... la maison du seingeur protège le passant, se subsitue au pouvoir royal, de toute façon absent de la ville depuis Matthias. Mais la Prague de Hradcany est encore aujourd'hui celle de Marie-Thérèse, d'un baroque flanboyant et aristocratique, une ville qui semble figée - à tort bien entendu - son paysage au siècle des Lumières. Bientôt par une porte cochère, entre deux arcades, le passant pénètre dans une cour intérieure, privée elle aussi, dans un aubarge, une taverne ou simplement chez un ami. Les arcade sont ici un espace entre deux mondes, ce qui m'intéresse donc, entre l'espace privé et l'espace publique, un espace publique livrée à lui même et un espace privé se constituant en refuge de chaleur et de conscience, lequel échappe à l'ombre du roi.

12 novembre, 2006

11 novembre, 2006

Le 11 novembre, la paix et moi

Ah, nous sommes le 11 novembre... je viens de m'en rendre compte en publiant ma dernière papagenade. Le 11 novembre, l'Armistice de l'Allemagne, ou plutot du Second Reich, la paix. Mais la paix est une notion ambiguë. La paix c'est la victoire pour les vainqueurs, mais c'est aussi la défaite pour les vaincus. C'est bête à dire mais c'est fondamental. Dans quelle mesure la paix est-elle une notion positive lorsque l'on est vaincu? Mais le 11 novembre ça n'est pas seulement une victoire, c'est aussi une humiliation pour les sociétés allemande ou hongroise, la défaite d'accord, mais la paix doit être juste. Et le 11 novembre - qui d'ailleurs n'est pas la paix en tant que telle mais la fin des combats - n'inaugure pas la construction d'une paix juste. Par cela je ne veux pas justifier la réaction allemande et le nazisme, juste comme l'a fait Goldman expliquer, questionner cette paix, la voir pour ce qu'elle est, c'est à dire une vengeance, un exces, une haine. La question n'en est pas moins d'actualité avec le débat qui tourne autour des Bienveillantes... C'est vrai, la mauvaise paix peut transformer des hommes ordinaires. Et plutot que cette attitude de souffrance que nous avons vis à vis de la mémoire du XXe siècle, ne serait-il pas plus profitable pour tous de révoquer le préjugé mémoriel et d'invoquer l'histoire, de faire l'effort de s'interroger sur des faits de société et d'en finir avec les questions de responsabilité auxquelles nous n'avons rien à voir...
Troublant vertige intellectuel que cette question: Et si j'étais né en 17 à Leidenstadt?

Les grands manitous, Michel Cymes et moi



Eh mince, mon réveil est resté branché, 9h pas moyen de faire une grasse mat' ce matin. On peste à côté de moi, on a raison, bon, la radio n'est pas trop forte et je file au bout d'une demi-heure me faire un bon double expresso Mocca achété chez mon petit toréfacteur de Cergy. Le café passé, je m'aventure à rejoindre mon lit, dans le noir c'est casse gueule. Voilà, c'est autour de Michel Cymes, emission assez sympa sur la santé, le thème d'aujourd'hui porte sur la place de la religion à l'hopital... Il parait qu'un chef de département de l'Hopital Michel Debrè ce serait fait frappé par le mari d'une femme qu'il voulait soigné, sous prétexte d'indécense... J'entend râler, peu importe mon attention se fixe (vous savez comme ces chiens de chasse à l'arrêt...)
Je pense immédiatement (dans la mesure de l'activité de mon cerveau à ce moment là) à une nouvelle que j'avais trouvé dans la Gazette d'Utrecht au cours de mes recherches. Chrétiens, juifs, musulmans, témoins de grands manitous en tout poil, bref nos brebis auraient un problème avec la médecine. Cependant, il serait faut de penser que ce problème soit nouveau, lié à une quelque crise communautaire ou identitaire. Ce problème c'est déja posé avec notre ami Mohamed Ben Anbdel Malek à l'occasion de son voyage à Vienne, ainsi que nous l'apprend la Gazette d'Utrecht du 4 avril 1783

"Le bon Envoyé de Maroc a eu, ces jours-ci, une sorte de haut-mal, occasionné par la quantité de mets dont il avait rempli son estomac à la Cour & chez divers Grands Officiers de l’Empire qui s’étaient fait un bonheur de l’inviter à leur table. Mr. Stock, Médecin de l’Empereur, est allé le voir par ordre de Sa Majesté ; & il l’a trouvé, étendu parterre, sur un tapis, son Iman ou Prêtre brûlant à ses côtés, dans un réchaud, des petites bandes de papier sur lesquelles il avait écrit quelque passages de l’Alcoran & dont il lui faisait respirer la fumée : seul remède dont il usait, quoiqu’il fut à deux doigts de la mort. Mr. Stock, peu crédule, sur-tout quand il s’agit de l’efficacité salutaire de l’Alcoran, pria l’Iman de discontinuer sa médecine et ordonna un clystère. Il lui fallut expliquer ce que c’était qu’un tel remède, où il s’appliquait & dans quelle position, riche ou pauvre, Beau Frère d’Empereur ou Esclave, devoit se faire très humblement celui qui le recevait, ce qui répugna fort S. Exc. Marocaine ; les Gens de sa Suite se récriaient aussi sur la nouveauté, sur l’indécence de la chose ; & ce ne fut pas un léger effet de l’éloquence de Mr. Stock qu’on parvint enfin à la pharmacopolique intromission. Le reste de l’histoire se devine."

10 novembre, 2006

Musicagenade: humeur papagenéenne

Fablagenade: la sorcière et le génie

Un génie sortait de sa lampe aussi tot qu'on la frottait. Une jour une sorcière déguisée en fée tomba sur cette lampe. Animée de sa curisioté elle décida à son tour de la frotter, sans autre espoir que découvrir le génie, possédant elle même ce que le génie pouvait apporté. Elle se fit passer pour une simple mortelle, le corsage échancré et les yeux amoureux, si bien que lorsque le génie la vue celui-ci fut charmé. Charmer un génie, avouez que c'est bien là le comble de l'affaire. Le génie s'enfermant dans son sortilège perdi ses attribus de génie. La sorcière fut falttée d'avoir obtenu de charmer le charmeur, et se vanta que les sorcières étaient plus fortes que les génies... Or les échancrures et les douceurs ne pouvant rien devant l'orgueil, le charme fut bientot rompu de lui même. Le génie fut décharmé et la sorcière fut bientot affligée de regret alors que le charme s'était retourné contre elle...

09 novembre, 2006

Musicagenade: avant de dormir...

Elle m'avait parlé de cette chanson, de ce concert, de son cd qu'elle se passait le soir, la nuit avant de s'en dormir. Elle m'avait parler de ses yeux qui se ferment, du moment ou elle se sent plonger au chaud, de ce confort, de cet abandon contrôlé et de ces moments ou elle dégustait les émois de la guitare de Paul Rodgers, et la mélodie savante de la voix si particulière de Freddy Mercury...

Musicagenade: petite leçon d'érotisme



Ma première rencontre avec l'érotisme, le vrai, je le dois au Lys dans la vallée, et puis il y a eu Léo, c'est extra, simple, à l'esthétique parisienne, la rhétorique affranchie et cette chanson...

07 novembre, 2006

Fablagenade: La gazelle, le lion et la mouche


Dans la charmante savane, le lion est tapi sous les hautes herbes et regarde la gazelle gambader... la mouche vient parfois le déranger, mais un coup de queue ou l'esquisse d'un rugissement et la mouche comprend qu'elle n'est pas à la hauteur. Alors la mouche vient tourner autour de la gazelle entrain de paître dans la plaine. La mouche lui fait sa danse, agace ses yeux jusqu'à empêcher la gazelle de discerner convenablement le monde. La mouche se croit tout permis et la gazelle, il faut bien l'avouer, semble préférer la présence de la mouche à celle du lion. Mais la mouche est viscieuse, elle inoccule le tzé-tzé, endore la gazelle qui oublie le lion. Mais le lion est la et la mouche n'a jamais empêché à la gazelle d'être mangée par le lion. Et lorsque la gazelle détale, il n'y a plus dans notre fable qu'elle est le lion, disparait l'insignifiante mouche. Qu'on se le dise, la gazelle ne peut pas vivre en ignorant le lion. La mouche est une intrue, elle disparaîtra bientot. Mais une gazelle après l'autre...

03 novembre, 2006

Katie, Sainte Thérèse et moi


Ce matin là, lors du petit dejeuner je discutais avec René, un collegue de la fac de Dijon, lacanien libidineux fan de Fellini à ses heures perdues, et nous parlions l'oeuvre de Bernini à Santa Maria della Vittoria... Je lui diais que je voulais m'y rendre pour trouver la série de tableaux représentant la bataille de la Montagne blanche citée par Olivier Chaline. Inévitablement il évoquait l'ambiguité de l'extase de Sainte Thérèse qui fait la réputation de l'oeuvre...
Il devait être vers 8h30 du matin, Rome en plein été, et je sortais de l'hotel sur la Piazza della Porta Maggiore... Je chausse mon lecteur MP3, j'enclanche le Piece by Piece de Katie et j'attrape un bus pour Termini. De la gare encore quelques centaines de mètres à faire pour passer Républica et arriver à Sante Maria della Vittoria... Je ralentis le temps de laisser Katie finir son Spider's web et me voilà qui pénètre dans cet antre de la Contre-Réforme...
Dans la sacristie, le curieux découvre la raison pour laquelle l’édifice est consacré à la Vierge victorieuse. Quatre tableaux noircis retracent la bataille de la Montagne blanche de 1620, pendant laquelle les troupes impériales et catholiques ont triomphé des rebelles protestants du royaume de Bohême. L’événement inaugurait un carnage de 30 ans pour l’Europe. Pourtant, l’Eglise n’en retient que la première de ses batailles. Tous les visiteurs admirent l’œuvre baroque et une Contre-Réforme triomphante et édifiante. Peut-être qu’un jour, dans une quelconque mosquée d’Arabie ou du Pakistan, une mosaïque illustrera la glorieuse bataille de Manhattan du 11 septembre 2001, la bête infâme touchée en plein cœur, et l’islam figuré en vraie religion... Tout le monde serait choqué et dénoncerait la provocation mais continuerait de partir de Porta Major, passant Termini et la place de République pour aller délecter son imagination devant l’extase de Sainte-Thérèse ou la voûte exaltant les anges à écraser les démons de l’hérésie.
Mais l’œuvre de Bernini n’est pas non plus exempte de toute ambiguïté. Quelle est la limite entre la figuration d’une extase sacrée et d’un orgasme, entre la métaphore d’une sarisse en foi édifiante et celle d’un pénis ? Elle est identique à celle qui existe entre la sainteté et l’hérésie, entre le fau et le vrai, entre le désir et l’obsession.
" 'cos the line between wrong and right, is the width of a thread from a spiders's web..."

02 novembre, 2006

Ischia, Baie de Naples, aout 2006


Les îles de la baie de Naples ont toujours été considérées comme des asiles. Il y a Capri bien entendu, mais aussi Ischia, ici abordée depuis le Castel dell'Ovo. Un refuge? Une invitation? Un topos? Une humeur félinienne peut-être... un gout de kitsch sans doute... Il n'en est pas moins que faisant face au Pauselipe, l'île d'Ischia invite aux divagations.

Emotions napolitaines




On apprend de naples que 7 personnes en 5 jours auraient été victimes des luttes internes qui divisent la Camora. Cela n'est en rien pour améliorier l'image injustement mauvaise que porte cette ville. Pourtant mes premiers pas Piazza Garibladi n'étaient pas pour le contredire. La foule, les préjugés et une chaleur accablante avaient préparés les paroles de ce Français rencontré devant la gare: "tirez-vous de là!". Nous sommes restés. je voulais voir Santa Chiara, j'ai aimé San Domenico et le Duomo. Le vieux quartier lazron, orthonormé et aux façades décrépites nous offrait un regain de fraicheur. Deux voitures ne peuvent se coirser dans les rues, et le soir, Piazza Bellini, la terrasse d'un restorant confiné, voilà Naples, voilà nos peurs envolées, elles n'étaient là que pour nourir notre excitation.
Et pourtant, depuis la vieille ville, on ne peut manquer San Elmo qui menace, la forteresse aux canons tournés sur la ville, avec ceux du Castello Nuouvo et de celui dell'Ovo. Au "territoire" répond la menace. Naples est une ville violente, cela se lit dans sa réalité urbanistique, la réalité d'un rapport de force. Et pourtant, quatre avenues entoure le "territoire", aucune ne le pénètre, Deux villes se cotoient sans se parler, si ce n'est en invectives... Il en faudra bien plus pour révoquer mon amour pour la cité lazzaronienne

Tolède vers 1600: un déclin?



En cherchant à préparer un cours sur une ville espagnole au XVIIe siècle, je suis tombé sur cette illustration de Tolède par Braun et Hogenberg, publiée dans leur ouvrage de 1598. Ancienne capitale wisigothique, puis ancienne cité arabe médiévale, Tolède est au siècle d'or la première capitale des rois catholiques. Or son site malaisé pousse la cour à se déplacer vers d'autres cités de Castille telles Valladolid et Madrid. Tolède connaîtrait alors un déclin au tournant des années 1600...
L'illustration présente l'image d'une cité puissante dominée par les pouvoirs ecclésiastique et politique, symbolisés par la cathédrale et le palais royal. Les bords du Tage et le riche plateau calcaire qui s'entend derrière l'acropole nous suggèrent encore la présence d'un autre pouvoir, économique celui-là et surtout d'une ville "industrieuse". La question de l'interprétation de cette figure est donc de savoir si elle est le reflet d'une réalité ou bien si au contraire, cette image idéalisée est produite pour contrairer une impression générale de déclin, gagner dans la mémoire se qui est perdu dans les bourses...
Le déclin de Tolède questionne plus généralement l'idée de déclin des sociétés passées ou présentes. Ce déclin doit subir plusieurs nuances. Tout d'abord il n'est jamais généralisé... si certains groupes sociaux patissent de la conjoncture, d'autres en profitent. Par ailleurs, en changeant d'échelle, on se rend compte que le déclin de Tolède contraste avec l'épanouissement de la Castille, et que d'une certaine façon, le transfert des richesses en est l'un des facteurs. D'autres facteurs seraient encore à évoquer, mais à Tolède en 1600 comme partout ailleurs à quelque époque que ce soit, le déclin est bien un jugement morale et une idée trompeuse...

01 novembre, 2006

Mohamed Ben Abdel Malek, Huntington et moi

La réputation, comme la mémoire, est d'une sellectivité des plus cyniques. Qui se souvient aujourd'hui de cette Illustre inconnu, Muhamed-Ben-Abdil-Melac qui fit la une de la Gazette d'Amsterdam les 21 mars et 1er Avril 1783. Je n'en avais moi même aucune idée avant de tomber sur les nouvelles le concernant et qui ont diverti le temps du séjour viennois de Muhamed toutes l'Europe éclairée.
Beau-frère du Roi "de Maroc", Muhamed est envoyé par son maître à la Cour de Joseph II pour conclure avec l'Empereur un traité commerciale tout aussi exotique qu'important. Sa réputation le précède. L'Empereur apprend que son hôte est un homme de gout qui préfère la manière de vivre des Européens plutot que celle des Orientaux. Aussi lui prépare-t-on à la Hofbourg des appartements dans le plus français des styles. A son arrivée à Vienne, après le périple que l'on imagine à travers la Méditerranée et la traversée des Alpes en plein hiver, Muhamed est de toutes les fêtes. La ville déja portée depuis L'Enlèvement au Sérail de Mozart sur la mode ottomane, acceuil avec une grande curiosité cet homme rigide et affable qui obtient ce qu'il est venu chercher sans le moindre effort.
Reste que Vienne au printemps est bien rigoureuse même pour un europhile comme Muhamed qui ne manque pas de contracter les incommidités d'usage. Les pratiques magiques de son Imam, sensées le guerir, ont pour seul effet que d'amuser Mr. de Störck, premier Médecin de Joseph II. Peu importe le ridicule, Muhamed à la sympathie du petit monde Viennois qui ne regrette qu'une seul chose c'est que celui-ci ne parle qu'Arabe. Obstacle insurmontable? certes pas pour cette Europe cosmopolite et eclairée qui peut compter sur Bihn, commisaire bilingue de Sa Majesté, ou sur le Secrétaire de légation de Muhamed, un fils de Rénégat, c'est à dire de Chrétien converti à l'Islam. Belle leçon d'ouverute et d'une saine curiosité que nous offrent ses protagonistes.
Qui a parlé de choc des civilisations?

recyclagenades: à propos de Clichy


La célébrations des 12 mois des événments de Clichy, et les régulières émotions banlieusardes m'invitent à reposter ici un article paru dans ce qui était il y a encore quelques temps la "Gazette de Papageno". Voici la petite contribution que le modeste anthropologue que je suis peu vous proposer...

La nouvelle date du 6 novembre 2006

En tant que républicains, bien entendu, il nous appartient à tous de condamner toute expression de la violence qui ne soit pas celle de l'Etat, la seule légitime; car résultant du contrat social implicite que chacun d'entre nous avons passé avec lui. Mais que cela ne nous empêche pas de comprendre.
Les condamnations des événements de Clichy sous Bois sont étonnantes de par l'absence de réflexion sur laquelle elles se basent. Il est tout à fait étonnant, d'un point de vue anthropologique, de constater que les violences urbaines que nous constatons aujourd'hui en France sont loin d'être débridées, mais bien au contraire ciblées et réfléchies. Elles se portent sur les symboles du pouvoir qu'il soit politique (police) ou économique (Z.I.) comme pour stigmatiser les véritables enjeux de la contestation. Serions nous les seuls à ne pas les voir?
Par ailleurs, sans excuser ses violences, il appartient au pouvoir politique de bien comprendre ce qui les engendre, car il est évident, que la répression ne peut entrainer qu'une surrenchère de la violence des deux cotés. Reste que bien entendu, l'Etat peut faire physiquement face à la violence des banlieues, mais doit-il s'en donner les moyens? Quel doit être le prix raisonnable de la paix sociale? Cela doit-il se compter en euros? en garde-à-vue? en victimes?
Le simple fait que deux personnes - car peut importe dans l'absolu leur sexe et leur age - soient prêtes à risquer leur vie par peur de la police, que cette peur soit réelle, ou à plus forte mesure fanstamée, ne pose-t-il pas le problème véritable? L'oppréssion - car c'est bien d'oppression qu'il s'agit lorsque l'on parle de non respect des droits et de harcellement - allimentée par l'excessif symbolisme sécuritaire de la politique du ministère de l'intérieur, ne confère t'elle pas à ce dernier une part de responsabilité dans la mort de ces deux personnes? Et n'est-ce pas en cela, que la violence des banlieues prend anthropologiquement tout son sens? Lorsque le garant de la sécurité est responsable, par la peur qu'il inspire, de la mort des personnes qu'il est censé protéger, alors il perd la légitimité du monopole de sa violence. Le contrat social est déliè. La violence est partagée entre les anciens contractants.

Le Titien, le pouvoir et le moi


La petite histoire veut qu'alors que le Titien était en train de peindre le portrait de Charles Quint, l'artiste ait laissé tomber son pinceau et que son impérial modèle se soit levé pour le lui ramasser, comme on remet un sceptre à un souverain. Charles Quint n'ignorait pas le pouvoir des images et savait déja que poser c'est gouverner. Ayant tenté de faire entrer cette idée dans l'esprit inerte de mes étudiants de première année je décidais d'accompagner Julie au Musée du Luxembourg pour apprécier l'expo consacrée au Titien "le pouvoir en face" et peut être profiter de l'expo pour préparer un nouveau cours...
Bref, la présence de ma chère Julie a rendu la promenade bien plus agréable que la qualité de l'expo elle-même. Il est vrai que le Titien nous paraît peut être difficile à apprécier au-delà d'une qualité esthétique. Ces hommes en noir conformes au vétement idéal que doit porter le bon courtisan décrit par Castiglione nous évoquent une fierté latine bien sobre, si ce n'est dans des traits et des regards qui seuls sont les outils du charisme des individus. Le costume noir serait alors une stratégie d'effacement visant à laisser éclater la seule vraie dignité qui soit, celle qui émane de l'individu, de sa "sprezzatura". En 1546, l'ambassadeur italien Cavalli n'écrivait d'ailleurs t'il pas de François Ier que quand bien même on ne l'aurait jamais vu, on serait immédiatement certain en l'appercevant que c'était le roi. La Renaissance est en effet aussi cela, une nouvelle considération sur la dignité de l'homme, sur la mesure de ses conportements, de ses tenues et finalement de toutes sa vie qui doit s'inscrire dans un ordre cosmique qui le transcende, mais aussi qui sublime celui qui s'y conforme.
Sarko et Sego n'ont pas inventé la communication politique par l'image. Seule petite leçon à en tiere, à la Renaissance l'image n'est un objet de communication que dans le mesure ou elle est le reflet de l'âme. Pour Machiavel, seuls les tyrans offrent une image trompeuse d'eux-même, mais ne me faite pas dire ce que je n'ai pas dit...

San Giorgio Maggiore, Venise, Juillet 2006



Le rapport qu'entretient Venise avec les îles de sa lagune reste très complexe. C'est de l'une de ces îles, Torcello, que la ville a émerger avant de s'installer à Rialto. C'est aussi sur ces îles que la ville exclu les groupes sociaux derangeant telle les verrier de Murano... San Giorgio Maggiore fait face au port de San Marco. C'est un paysage familier mais qui reste souvent lointain. Un paysage monacal qui conforte la cosncience chrétienne de Venise mais aussi celle de sa liberté, une liberté tantot conquise par les hommes sur la mer, tantot offerte par Dieu. San Giorgio est en retrait, un compromis entre le monde des marchands, et le monde des puissants, l'idéal trompeur d'une indépendance ecclésiale...

Mes photos et l'amphi Richelieu

Une jeune étudiante sorbonnarde m'a dit hier qu'il était difficile de de se concentrer lorsque l'on était pres de moi dans l'amphi Richelieu puisqu'il parait que mes fonds d'écran déconcentre les agrégatifs les plus scrupuleux... Pour remédier à cela, mes photos vont au compte-goute être disponnibles sur ce blog, vous l'aurez compris, prétexte pour vous parler de quelques voyages...