20 octobre, 2007

Henri Guaino, cet homme qui parle d'histoire...

Ce matin, un ami à attiré mon intention sur quelques déclarations d'Henri Guaino, conseiller de Nicolas Sarkozy, lequel conseiller peste contre ces profs qui refuse de lire la lettre de Guy Môquet en classe de seconde. L'argument employé par Guaino est assez simple et étonnat:"Je ne comprends pas, l'école, ce n'est pas un self-service. Le gouvernement a décidé que c'était un document intéressant. Il demande aux professeurs de le lire". Le gouvernement décide, ses fonctionnaires s'exécutent. Voilà le fonctionnement normal d'un Etat. Certes, mais quelle légitimité a Henri Guaino de traiter en matière d'histoire, de décider de ce qui est interressant ou non, surtout après l'affligeant discours de Dakar sorti de sa plume et prononcé par Nicolas Sarkozy. Pour Henri Guaino, la contestation de son choix "amène à s'interroger sur ce que doivent être au fond à la fois l'éthique et les devoirs d'un professeur dont la nation a payé des études, dont la nation paie le salaire et auquel la nation confie ses enfants".

L'éthique d'un professeur est d'agir selon sa conscience et non selon la volonté de la bourse qui le fait manger. L'éthique d'un profeseur est de donner à ses élèves les moyens de penser par eux-mêmes, de ne pas prendre pour incontestable ce qui est dit et écrit. L'éthique d'un professeur est de ne pas se limiter à ses intérêts individuels mais d'agir en accord avec ce qu'il perçoit de la Vérité, qui donne sens à sa vie et à son enseignement, et si celà doit passer par le non respect d'une directive ou d'un programme, cela ne doit pas être un problème sauf à vouloir justement signifier que son éthique ne vaut rien. La vertu est d'être en accord avec l'éthique et la Vérité, non avec la loi.

Les déclarations ignares de Guaino et de son porte-parole Nicolas Sarkozy en matière d'histoire rend plus urgent encore la nécessité de protéger la science du politique et de la tentation du politique de légiférer en matière d'histoire, des parlementaires de s'octroyer le droit et surtout la compétence de pouvoir dire ce qui est vrai et ne l'est pas, d'empêcher le débat en figeant la réalité officielle par la loi, de réduire l'histoire au préjugé mémoriel. Que Guaino se permette de trouver interessant pour des cours d'histoire un document plutot qu'un autre, revient à autoriser le politique à choisir les sources des historiens et demain les thèmes et le sens de leur recherche. Faut-il encore rappeler que Guaino n'a aucune légitimité démocratique pour s'exprimer en tant que représentant de l'Etat?

4 commentaires:

jean vinatier a dit…

Merci Papageno pour le commentaire.
Le politique est incompétent à trancher en terme d'histoire mais il est dans son rôle (il est un élu de la cité) d'exprimer son souhait, de donner un avis.
J'ai veillé à remettre les faits en perspective sans donner le quitus à Nicolas Sarkozy. Je ressens le même malaise que Papageno devant l'importance que s'attribue Guaino et son illégitimité à donner une quelconque consigne.
Je rappelle, enfin, qu’histoire et mémoire savent se conjuguer sans se confondre.
Jean Vinatier seriatim

Papageno a dit…

Être élu de la cite (ce qui n'est pas le cas de Guaino) ne confère en rien la possibilité d'avoir quelque pouvoir que ce soit sur la science historique. Par contre, je suis d'accord que le politique est dans son rôle lorsqu'il utilise la mémoire pour fare du lien social. Cependant, le rôle d'une professeur d'histoire est aussi de faire prendre à ses élèves de la distance à l'égard de cette mémoire en leur faisant prendre conscience qu'elle est cronstruite, relative et révocable.

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