10 mars, 2008

Bug caméléonesque

Hier mes identités plurielles étaient en conflit, un peu comme un ordinateur qui ressevrait des informations contraires qui le feraient bugger. Bref j'ai buggé. Comme l'écrit Lahire:

L'acteur pluriel n'est pas forcément un agent double, il a incorporé de multiples répertoires de schèmes d'action qui ne sont pas forcément producteurs de souffrance dans la mesure où ils peuvent soit coexister pacifiquement lorsqu'ils s'expriment dans des contextes sociaux différents et séparés les uns des autres, soit ne conduire qu'à des conflits limités, partiels, dans tel ou tel contexte, dans tel ou tel domaine d'existence (...). Mais s'il y a un dédoublement, s'il n'y a par conséquent qu'un seul conflit central et si ce conflit psychique interne provoque de la souffrance, c'est que la pluralité interne des schèmes d'action a fini par rendre impossible l'illusion identitaire de l'unité de soi et pose un problème à la cohérence psychique de l'acteur.


Bon, ma cohérence psychique... comment dire... tout le monde sait à quoi s'en tenir. Je suis donc sociologiquement fou. La Chamäleonischkeit serait donc un espace de bug en puissance dans la mesure où le Chamäleon prendrait conscience de son état. On ne pourrait donc pas être sainement conscient d'être tout et son contraire. Alors que mes idées étaient encore loin de conceptualiser la Chamäleonischkeit Pierre me demandait comment je réagirais si à un instant "T" je devais choisir entre l'envie d'entrer dans un opéra et celui de manger une Käsekrainer, sachant qu'il est impossible de manger la Käsekrainer dans l'Opera. J'avais alors déjà deviné le bug d'hier se dessiner même si le conflit n'opposait pas une saucisse au fromage avec la Flute enchantée... Comment peut-on avoir l'idée saugrenue d'avoir envie de parler et de se taire à la fois - oui oui il m'arrive de me taire... - de raisonner et d'éprouver, de dire quelque chose d'inutile parce que tout le monde le sait déjà tout en ayant conscience de cette inutilité et surtout du tort que cela pourrait me causer. Ich weisse nicht... mais c'est l'un des nombreux charmes de la Chamäleonischkeit...

9 commentaires:

Anonyme a dit…

Eh bien, décidément, ce n'est pas facile d'être un homme pluriel...quand on veut à la fois dire quelque chose et se taire, écrire quelque chose à une ancienne connaissance qu'on retrouve par hasard grâce au monde virtuel...ou se taire...mais comme tu as cité Bernard Lahire, l'un de mes sociologues préférés!..je devais écrire...bon séjour à Vienne, David...

Papageno a dit…

merci beaucoup

Papageno a dit…

Mais qui est cette ancienne connaissance qui demeure anonyme et qui ne m'a jamais avoué aimer Lahire?

Anonyme a dit…

mais à quoi ça servirait de révéler mon nom?...de toute façon le nom ce n'est qu'une partie de l'illusion de l'unité identitaire, de l'illusion biographique bourdieusienne, n'est ce-pas?

Papageno a dit…

Mais en bon lahirien je sais ne pas dire Amen à tout ce qui vient de Bourdieu...

Le nom est une partie de l'identité, une partie seulement, mais personne ne dit qu'il faut la nier.

Anonyme a dit…

les références à Bourdieu sont toujours problématiques je sais...je ne suis pas d'accord avec tout ce qu'il dit, mais quelques concepts sont quand même intéressants je trouve...
mais pour t'aider un peu...on a échangé quelques lettres il y a...4 ou 5 ans je crois

Papageno a dit…

ce n'était pas que quelques lettres alors... Comment t'es tu retrouvée ici?

Anonyme a dit…

ben, c'est très simple...si on tape "le papageno" dans google, le premier site qui est indiqué est le tien! bien que j'aie bien vu que ce n'était pas le papageno que je cherchais, j'ai regardé un peu ton blog et le profil qui me rappelait quelqu'un...puis quelque part j'ai lu ton nom, donc j'ai compris.

Papageno a dit…

Quelle idée aussi de taper "le Papageno" sur google...