19 novembre, 2006

Loretanska, Prague, aout 2006


Ces arcades vous disent peut-être quelques choses... elles sont parmi celles filmées par Milos Forman dans son très contestable mais non moins très beau Amadeus. Et oui, c'est bien Prague qui est filmé par le cinéaste et non Vienne. Situé dans les petites rue qui même au chateau si cher à Kafka, ces arcades protègent les passants comme elles protègeaient les marchands et les aristocrates lors des hivers rigoureux de Bohême quand ses derniers souhaitant se rendre à la Cour ou à la Diète. D'une certaine façon aussi, ces arcades privatisent l'espace publique... la maison du seingeur protège le passant, se subsitue au pouvoir royal, de toute façon absent de la ville depuis Matthias. Mais la Prague de Hradcany est encore aujourd'hui celle de Marie-Thérèse, d'un baroque flanboyant et aristocratique, une ville qui semble figée - à tort bien entendu - son paysage au siècle des Lumières. Bientôt par une porte cochère, entre deux arcades, le passant pénètre dans une cour intérieure, privée elle aussi, dans un aubarge, une taverne ou simplement chez un ami. Les arcade sont ici un espace entre deux mondes, ce qui m'intéresse donc, entre l'espace privé et l'espace publique, un espace publique livrée à lui même et un espace privé se constituant en refuge de chaleur et de conscience, lequel échappe à l'ombre du roi.

2 commentaires:

Elodie a dit…

Dis-moi, pour aller chez Loretta (espace de délices, pour rejoindre ton parallelisme d'espace privé-espace public) devions-nous emprunter ces magnifiques arcades?

Papageno a dit…

Souviens toi, Loretta est de l'autre côté de la rue sur la petite place... Mais Prague n'est-elle pas pleine de délices de toutes sortes?