06 mai, 2007

Sarkozy président: la gauche doit maintenant faire un choix


Alors voilà, c'est fait, Nicolas Sarkozy est élu président de la République avec 53% des voix. On pourra dire que c'est de la faute au méchant Bayrou qui n'a pas appelé a voter explicitement pour Ségolène Royal, des militants du PS qui ont investi Ségolène Royal, ou de celle-ci pour toutes les bourdes faites... Bref, toutes les excuses sont bonnes... Il n'en est pas moins que la chose est faite, que le PS n'a pas su mobiliser autour d'un projet, ou d'avoir un projet, ayant déja presque réuni au premier tour l'ensemble des voix de gauche. L'adversaire aujourd'hui ce n'est pas un homme mais une vision du monde, une culture, des choix de société que nous refusons, contre lesquels il nous faut lutter et imposer nos valeurs et nos choix. La question est donc de savoir comment le PS va enfin entreprendre sa réforme politique et affirmer ouvertement un choix pour la social-démocratie, c'est à dire travailler à ce projet de société avec François Bayrou et tout ceux qui ont voté pour lui au premier tour.

"Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas" dit-elle. Je l'espère, et j'espère aussi que nous parlons tous de la même chose. Il faut aujourd'hui un véritable projet de société pour l'opposition. La démocratie participative, le dialogue, la compassion ne suffisent pas, il y a une vision du monde à contruire, à recontruire. La "renovation de la gauche et les nouvelles convergences au-delà de ses frontières actuelles", voilà peut êtreune leçon qui a été tirée et un appel évident au Mouvement démocrate de François Bayrou. La confiance et l'enthousiasme qu'elle me demande de garder ne sera, de toute façon, qu'à ce prix là. J'ose croire que la rupture avec la gauche nécrosée ne se fera pas attendre pour cela. Non Bertrand Delanoë ce n'est pas l'espérance qui est né autour de Ségolène Royal, mais bien la résignation, le choix du moins pire. Dominique Strauss-Kahn a raison, c'est au premier tour que la gauche a perdu les élections, le PS n'a pas su faire la rénovation social-démocrate attendue. Celà fait trois fois de suite, je veux dire que dans 5 ans, une personne de 17 ans, n'aura connu qu'un Président de droite.

Pour ceux qui en doutaient, la Marseillaise qui vient de précéder le discours de Nicolas Sarkozy témoigne concrètement que ces électeurs sont des personnes de conviction, qui croient en lui, qui adhèrent profondément à ses idées et qui partagent sa vision du monde. C'est pour celà aussi que Sarkozy a gagné. Je ne partage pas aujourd'hui sa fierté d'être Français, pour moi la patrie est un horizon dépassé. Non cette victoire n'est pas celle des valeurs qui nous rassemblent puisque nos valeurs ne sont pas les votre. Je refuse la nation et l'identité nationale. Cela n'est pas un changement, mais une réaction. Le vrai changement c'est l'identité européenne. Je vous rend votre appel de m'unir à vous pour le changement que vous nous proposez. Vous dénonczr la concurrence des mémoires non pas au profit de l'histoire mais au profit d'une mémoire choisie lorsque vous en appelez à l'amitié avec les Etats-Unis en raison des souffrances partagées dans le passé. Vous voulez une Union mediterranéenne comme dans les années 1950, les Etats-Unis voulaient une Union européenne. Ce n'est pas cela le co-développement. Moi je veux une union Euro-méditerranéenne car c'est cela notre culture. Vous parlez au monde au nom de la France, mais comment parler à "l'Humlanité" en faisant de l'identité nationale celle qui est pour vous la base de l'individu? La Marseillaise est bien belle chantée en choeur, mais mon hymne est un texte de Schiller sur une musique de Beethoven. C'est celà aussi notre différence de valeurs. François Fillon voit comme un symbole la fête de ce soir place de la Concorde, faisant directement référence à la Révolution française. Mais de quel symbole parle-t-il? Su la place de la Concorde, je veux dire sur la place de la Révolution était installé la guillotine. Couper dans le vif, est-ce cela le changement dont nous parle Sarkozy? Quelles têtes veut-il faire tomber?

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Je fais le même choix que toi

Bastogi a dit…

Bonjour.
L’ennui - avec tout le respect que je te dois, c’est que votre vision de la France et du Monde n’est apparemment partagée que par (maximum) 47% des votants - ce qui est loin d’être dérisoire, mais en tout cas insuffisant pour prendre le pouvoir ; surtout lorsque je vois les divergences d’opinions au sein du PS quant à l’attitude à observer pour la suite des évènements et notamment des éventuels ralliements à gauche ou au centre (http://www.etiennefillol.org/blog/)…

Papageno a dit…

Pire encore, la vision du monde que je défend n'est pas partagé par la moitiée de ces 47%, mais si je ne défend pas cette vision c'est que j'estime qu'elle est fausse et qu'elle ne signifie rien pour moi.

Je respecte l'élection de Nicolas Sarkozy, elle est légale et je n'ai rien à en dire. Mais le légal et le légitime ne vont pas toujours de pair... Le suffrage universel n'est qu'une modalité, il n'est pas sacré, au de-là du vote, il y a pour moi des principes essentiels qui transcendent les régles du jeu. La légitimité, à l'égard de Nicolas Sarkozy ou de n'importe qui d'autre, réside dans la défense de ces principes. Je n'ai pas à rechercher l'adhésion de la majorité pour les défendre.