01 novembre, 2006

Le Titien, le pouvoir et le moi


La petite histoire veut qu'alors que le Titien était en train de peindre le portrait de Charles Quint, l'artiste ait laissé tomber son pinceau et que son impérial modèle se soit levé pour le lui ramasser, comme on remet un sceptre à un souverain. Charles Quint n'ignorait pas le pouvoir des images et savait déja que poser c'est gouverner. Ayant tenté de faire entrer cette idée dans l'esprit inerte de mes étudiants de première année je décidais d'accompagner Julie au Musée du Luxembourg pour apprécier l'expo consacrée au Titien "le pouvoir en face" et peut être profiter de l'expo pour préparer un nouveau cours...
Bref, la présence de ma chère Julie a rendu la promenade bien plus agréable que la qualité de l'expo elle-même. Il est vrai que le Titien nous paraît peut être difficile à apprécier au-delà d'une qualité esthétique. Ces hommes en noir conformes au vétement idéal que doit porter le bon courtisan décrit par Castiglione nous évoquent une fierté latine bien sobre, si ce n'est dans des traits et des regards qui seuls sont les outils du charisme des individus. Le costume noir serait alors une stratégie d'effacement visant à laisser éclater la seule vraie dignité qui soit, celle qui émane de l'individu, de sa "sprezzatura". En 1546, l'ambassadeur italien Cavalli n'écrivait d'ailleurs t'il pas de François Ier que quand bien même on ne l'aurait jamais vu, on serait immédiatement certain en l'appercevant que c'était le roi. La Renaissance est en effet aussi cela, une nouvelle considération sur la dignité de l'homme, sur la mesure de ses conportements, de ses tenues et finalement de toutes sa vie qui doit s'inscrire dans un ordre cosmique qui le transcende, mais aussi qui sublime celui qui s'y conforme.
Sarko et Sego n'ont pas inventé la communication politique par l'image. Seule petite leçon à en tiere, à la Renaissance l'image n'est un objet de communication que dans le mesure ou elle est le reflet de l'âme. Pour Machiavel, seuls les tyrans offrent une image trompeuse d'eux-même, mais ne me faite pas dire ce que je n'ai pas dit...

1 commentaire:

Anonyme a dit…

je sais je sais ma présence illumine souvent la vie...
vous flattez mon égo très cher, ceci dit personnellement j'ai apprécié cette expo mais il aurait fallu passer plus de temps devant chaque tableau, chose difficile en étant coincée entre un père faisant l'éducation de son fils et deux mamies commentant leur déjeuner...
ceci dit j'imagine bien ségo en sultane rousse ou en représentante des belles de l'époque ( version squelette bien sur) quantà sarko en culotte bouffante.. un vrai délice pour l'imagination!!