09 avril, 2007

En finir avec le vote utile

"Entre la guerre et le déshonneur vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre!"

Ainsi s'exprimait W. Churchill au lendemain des accords de Munich que Chaberlain, entre autre, venait de concéder à Hitler et au "pacificisme" de l'opinion anglaise quelque fut l'essence injuste de ce traité. En quelque sorte, Chamberlain avait signé utile... On me dit aujourd'hui encore qu'il faut "voter utile", concéder à un candidat ce que nous croyons juste ou à nos convictions pour barrer la route à l'extrême droite ou à Nicolas Sarkozy. On me dit de voter utile pour que la gauche soit au second tour, pour ne pas éparpiller les voies de celle-ci, pour ne plus revivre le choc du 21 avril. Je dis que tout cela c'est de la cuisine vulgaire et que la politique vaut plus que ça.


S'il doit y avoir une crise il y en aura une, mais si je vote utile je ne ferai - peut être - que la repousser, elle viendra. Elle est déjà ici. Le vote utile est l'ennemi du vote juste, et en période de crise, plus que jamais la politique doit se résumer à cette belle idée condorcetienne que c'est faire ce qui est juste. Dans une période de crise on a besoin de droiture et de rigueur et non de compromis, d'accommodement, ou de vulgaire pragmatisme. Honte aux candidats qui nous disent de voter utile. C'est là qu'ils sont si peu convaicants qu'il leur est nécessaire de faire planer une ombre de peur pour récolleter des voies. Le pragmatisme serait elle l'icone de l'homo politicus du XXIe siècle? Si c'est cela je jure d'être plus que jamais iconoclaste et de la brisé des lors que je la verai.

Voter juste, c'est-à-dire non pas par défaut mais pour la personne qui mérite le plus d'être élu, c'est finalement refuser d'entériner les choses comme elles vont, le système comme il va. Je regrette aujourd'hui d'avoir voté pour Chicrac en 2002, et cela non pas pour la politique qui a été menée ensuite, mais par principe, pour refuser le choix qui m'était demander de faire et refuser que le vote blanc ne soit pas comptabilisé pour ce qu'il est. Le candidat pour qui je vais voter sera peut être au second tour... peut être pas... peut être que les voies qu'il récoltera manqueront aux candidats "attendus" et que la droite et l'extrême droite seront au second tour. Cela sera terrible, mais je ne culpabiliserai pas. Il faut aujourd'hui de l'éthique et surtout ne plus céder sur les principes. A nous de savoir ce que nous voulons faire de la politique. Et en démocratie, il ne sert à rien de dire que l'on a été trompé lorsque l'on est si peu moralement exigeant envers nos candidats. On a les gouvernements que l'on mérite.

5 commentaires:

Titem a dit…

Mais dire "on n'a les gouvernements que l'on mérite" n'est-ce pas encore une menace pour dire : tant pis pour vous puisque vous avez voté ce(tte) candidat(e), vous n'aviez qu'à... voter utile ?

Les candidats auront en revanche le score qu'ils méritent ! A eux de nous convaincre, avec de vraies mesures, des valeurs !

Les conflits de gamins, non ! Les conflits d'idées, oui ! Mais après ce conflit doit venir le temps du rassemblement pour avancer, et pas à contre-courant de l'ensemble de la société !

Papageno a dit…

Oui, en démocratie, la société a les gouvernements qu'elle mérite. Une société constituée d'individus exigeants envers la vertu, non asttreints à leurs contingences temporelles mais aspirant à se transcender et à ne pas rechercher le mieux mais le bien, aura des gouvernements dont l'esprit sera tourné dans la même direction. Faute de quoi ces gouvernements tomberaient. Ces hommes politiques que nous critiquons ne sont que le produit de ce que nous sommes. Et lorsqu'ils nous dégoutent, n'est-ce pas de nous-même dont il faudrait d'abord être dégouté?

La démocratie n'est pas un marché ou l'electeur serait un consommateur faisant son shopping pour préparer sa soupe, c'est un régime exigeant, non seulement envers ses élus, mais encore plus envers leus électeurs.

Mon vote ne sera pas conditionné aux conséquences qu'il pourra avoir, mais seule la question de sa justesse importe. Et cela, même si c'est aller contre la société...

Candide a dit…

Candide participe à votre débat sur LibreCours

David (l'Autre) a dit…

Très cher collègue (plus pour longtemps!), je me fends de ce petit commentaire pour te complimenter sur la pertinence de ce petit billet sur le vote utile, le vote juste et, (accessoirement?), Condorcet. Même si j'ai une position sensiblement différente concernant certains points dudit "vote utile" dans certaines situations (abominable pragmatiste que je suis), je dois dire que ton petit laïus m'a conforté dans mon choix d'utiliser pour une fois ma liberté d'expression en pleine conscience de cause : certains points sont discutables dans ton argumentation, mais au moins tu as touché juste en faisant ressortir les contradiction de notre démocratie qui est (pour filer la métaphore) "le pire des régimes à l'exception de tous les autres"...

Nous nous croiserons peut être la semaine prochaine au concours, bien que j'y vienne plus pour la forme et l'honneur qu'autre chose !

Amicalement vôtre,
David.

bobo3101 a dit…

Souvenons nous...
29 mai 2005, la gauche anti-libérale remporte sa première victoire significatrice en France depuis de nombreuses années, la victoire du NON.
Qu'on le veuille ou non, elle fut aider par l'extrême droite, mais c'est pas le sujet.
Cette victoire donne enfin un espoir à des millions de Francais, et aussi à des millions d'européens qui n'ont pas eu la chance de pouvoir se prononcer sur ce texte.
La joie est collective, des meetings rassemblent les tenants de la gauche du non venant de tout bord (Ps, PC, Verts, Lcr...), les francais se rendent compte qu'on peut réellement changer les choses dans ce pays, dans cette Europe et même dans le monde.
Le peuple francais se réveillent surpris et joyeux et enfin on peut dire ce qu'on pense vraiment, et on peut gagner!
Toutes le couches de la population sont motivés pour l'avenir!!
Mars 2006, les jeunes sont dans la rue, les syndicats et de nombreux partis les suivent...et la ..surprise...on gagne encore!!! Le CPE est retiré, la droite et les élites comprennent que ce pays a encore une âme et que les francais ne seront jamais des petits pantins!!
Ces deux moments "historiques" de l'ère contemporaine sont remarquables, on rêve, on imagine que tout est possible, on applaudit la gauche anti-libérale.
On avait fini par oublier les querelles politiciennes, les coups bas, les trahisons, on croyait que la gauche anti-libérale en avait fini avec cela.
Mais patrata...tout s'effrite, tout dégringole, tout s'écroule.
L'espoir de millions de gens de voir une extrême gauche regroupé, unie, soudée, s'effondre : 5 candidats d'extrême gauche se présentent pour l'élection 2007.
Bien sûr il y a des désaccords, des malentendus, mais est-ce bien sérieux??
La parole de l'extrême gauche a perdu de sa légitimité! Tous séparés, les discours en sont que plus méprisés, non écoutés et bien sûr non influencables!!
Je pense que cette multitude de candidats a fait et va faire beaucoup de mal à cette gauche.
Marie-George Buffet et Domnique Voynet qui veulent gouverner avec le PS (c'est ca l'extreme gauche?), Arlette Laguiller qui rest dans le même rôle depuis 30 ans (a quoi a-t-elle vraiment servi?), on parle même pas de Schivardi (de toute facon on comprend rien à ce qu'il dit), et José Bové.
Ah José Bové, l'homme de la télévision, l'homme des médias, crée par celle-ci après le démontage d'un Mc-Do (ne sommes nous pas dans un pays libre??). De tous les candidats d'extrême gauche, il a le programme le moins élaboré, l'organisation la plus rudimentaire et le message le plus floue.
Il veut qu'on le voie à la télé pour défendre d'autres combats (OGM, agriculture productiviste), c'est bien sur tout à son honneur et je le défendrais toujours quand il fera ça, mais bon sang que viens-t-il faire là??
Heureusement qu'Olivier Besancenot est resté digne et a toujours dit qu'il était prêt à se retirer au rpofit d'une candidature unique. Dommage que tous les autres n'en voulaient pas!!
Donc voila, quand ensuite on entend les lecons faites au PS, à la démocratie, à la France...faites par des gens qui ont ruiné l'espoir post 29 mai-Cpe, qui ont déçus des millions de francais. Et bien on rigole quand même bien et on se dit qu'on est vraiment mal barré dans ce pays, dans cette Europe, dans ce monde, de plus en plus individualistes!!
Mais au fait etre de gauche et encore plus d'extrême gauche, ne veut-il pas dire qu'on se bat contre ce monde de plus en plus individualistes, contre ce modéle libéral qui détruit l'humain??
Je dois avouer que je m'y perds et que je ne voterais pas pour un candidat d'extrême gauche, malgré le profond respect et admiration que j'ai pour ce combat!!!
Mes salutations, j'attends avec impatience de pouvoir continuer ce débat !!