19 avril, 2007

Les hommes de progrès: d'une campagne à l'autre


Cette année a été donné à l'agrégation d'histoire, un sujet sur "les hommes de progrès dans les campagnes européennes de 1830 à1914". Cette notion de progrès est terriblement ambiguë, il est économique dans la modernisation des campagne, social, dans l'intégration des campanges aux nations en formation et politique, dans l'établissement du suffrage universel... Or les hommes de progrès sont parfois aussi les hommes de l'archaïsme, le progrès n'est plus alors cette idée condorcetienne d'une amélioration de l'esprit humain, ni cette idée hegelienne de la fin de l'histoire reconcilliant l'idéal et le réel, mais un simple levier de pouvoir, de domination sur les hommes adapté à un temps nouveau, tel que le comprennent bien le Don Calogero et le Tancredo du Gattopardo de Visconti


Nous nous interrogeons peu dans notre campagne, électorale celle-là, sur ce progrès. La sentiment de la fin de l'histoire domine depuis la fin des débats idéologiques, et depuis 2001, le monde est plutot sur la défensive, le progrès est devenu une idée vieille, remplacé par la préservation de l'acquis. Le progrès condorcetien de l'esprit humain a-t)il d'ailleurs un avenir, si ce n'est un présent? Nous l'avons cru. Il faut le croire encore.


C'est pour cela que je vote pour François Bayrou. Parcequ'il met l'éducation au centre de son ambition, et parceque les gouvernement ont une véritable marge de manoeuvre sur ce domaine, et qu'il ne sert à rien de placer la responsabilité d'un echec entre les mains de l'Europe. Je vote aussi Bayrou par ce qu'il à un programme volontaire pour la recherche, vecteur s'il en est de tout progrès quelque soit la science en question. Parce qu'il propose un budget pour, ainsi que des marches de liberté, et une volonter d'assouplir ses modalités. Je vote aussi pour Bayrou parce que l'Europe est fondamentalement un progrès politique, et que je préfère la pire des Europes à la meilleure des France, et que François Bayrou est celui qui me propose aujourd'hui le meilleur projet d'avenir pour l'Europe.

5 commentaires:

Anonyme a dit…

J'adore Visconti

Babar a dit…

Si Bayrou avait la classe de Burt Lancaster ça se saurait...
Au fait le personnage du neveu se nomme en français Trancrède et en italien Tancredi, point de Tancredo donc !

Papageno a dit…

Dans le Guépard, l'homme de progrès montré en dérision par Visconti c'est Don Calogero...

babar a dit…

Non je suis d'accord s'acheter un tracteur tout neuf pour sa "ferme" c'est un grannnnnd geste de progrès.
Bref redevenons serieux, vous semblez vous interesser de près à l'histoire, mais il ne faut pas être restrictif au risque d'être absurde. Comprendre une notion aussi complexe que le progrès necessite d'intégrer une analyse sociologique et psychologique. Si Visconti fait de Don Calogero un personnage de plouc, c'est dans sa volonté de montrer la décadence et la mort (de toutes façons Visonti ne parle que de la mort)
Tomasi di Lampedusa avait fait de Don Calogero un personnage un peu plus nuancé. Fnalement ce n'est pas un homme de progrès, puisqu'il ne fait que suivre le mouvement de sa classe. Il veut ressembler au aristocrates. Dans le Guépard c'est principalement (voire exclusivement) Tancrède qui incarne le progrès. Il allie ce qui représente le conservatisme aux évolutions politiques. Don Calogero n'est pas un homme de progrès. Tancrède est le progrès puisqu'il est le représentant symbolique du prince Salina, qui lui est véritablement un de ces "hommes de progrès" dont vous parlez

Papageno a dit…

Je suis assez d'accord sur la complexité de la notion de progrès. Je crois que l'intérêt de la question d'agrégation était bien là et dans la complexité des figures de progrès dans les campagnes. Vous avez d'ailleurs raison de vous référez à Tomasi plus qu'à Visconti. Tancrède est un homme de progrès, Calogero l'est aussi. Je crois que le progrès peut aussi être un levier de gouvernement, et que les hommes de progrès sont les mêmes que les hommes d'archaïsme, le progrès devenant alors une stratégie sociale.

Et dire que je me dis condorcetien...